04.11.2007
Le chef de l'Exécutif de Ngazidja dans le filet des séparatistes anjouanais
Un sage homme, L'abbé Lhomond a écrit un livre aujourd'hui inconnu, que je n'ai jamais ouvert, bien que j'ai des raisons de m'intéresser aux biographies et bien que dans ma jeunesse, pour faire l'intéressant, j'ai souvent cité, en latin et en français, la phrase la plus célèbre qui en est issue. Le livre s'appelle De viris illustribus urbis Romae a Romulo ad Augustum (Des hommes illustres de Rome, de Romulus à Auguste). La phrase aurait été prononcée par César, le conquérant de la Gaule, qui, tombant sous les coups d'épées de ses adversaires politiques, en plein sénat en 44 avant JC, et aperçevant parmi ses assassins celui à qui il avait construit un avenir politique et qu'il avait toujours considéré comme son fils, Brutus, se serait écrié : "Tu quoque mi fili" ("Toi aussi mon fils").
C'est à ce genre de drame que la classe politique comorienne semble vivre, lorsque, revenant à la Grande-Comore, le Président de la République Mohamed Sambi a déclaré : "C'est un coup de poignard dans le dos", à propos du voyage effectué par le chef de l'exécutif de Ngazidja, qu'il a d'abord nommé comme chef de cabinet, chargé de l'armée, avant de lui faire remporter les élections dans l'île, en lui apportant la logistique et les finances qu'il n'avait pas.
Il est étonnant que dans la conférence donnée par le chef de l'Exécutif de Ngazidja pour s'expliquer, un journaliste (?) ou un partisan (puisqu'il avait pris le soin d'inviter un millier de partisans pour venir l'applaudir) ait interprété cette phrase comme une accusation contre tous les habitants de la Grande-Comore, qui auraient ainsi été traités de lâches. En réalité, je pense que le Président de la République faisait appel à des sentiments personnels et laissait entendre que, vues les relations qu'il entretenait avec Abdouloihabi, il ne s'attendait pas à ce que ce dernier aille discuter avec son adversaire (et accessoirement l'adversaire de l'Etat comorien) et ainsi le reconnaître comme "président" d'Anjouan, sans même lui en parler auparavant. Il dénonçait ainsi une trahison, une lâcheté non de tous les Grand-Comoriens, mais de son ami.
Cela montrait aussi qu'il commence à découvrir Abdouloihabi, qu'il connaissait un peu autrefois, mais qui s'est imposé pendant la campagne de Sambi, essentiellement dans la diaspora, puis à partir du deuxième tour dans la mouvance présidentielle, et dernièrement dans le parti présidentiel en construction.
Pour paraphraser une femme politique, elle-même trahie, je poserais la question : qui connaît Mohamed Abdouloihabi ? Bien qu'il ait eu des fonctions au sein de l'Etat comorien, en dehors de quelques amis, peu de gens le connaissent réellement. Mais, le peu que j'ai pu observer du comportement de l'homme ces derniers temps, je dirais qu'il s'agit d'un ambitieux prêt à toutes les contorsions.
Ces derniers temps, la fusion des visions entre les deux hommes était telle que que lorsqu'on m'a dit qu'au lendemain de l'annonce des sanctions envisagées par l'Union africaine contre les rebelles d'Anjouan, Mohamed Abdouloihabi s'était rendu dans l'île pour rencontrer (et ainsi reconnaître) Mohamed Bacar, j'ai tout de suite dit : cela n'a été possible que si Sambi l'a voulu. Je restais perplexe quant à la stratégie suivie. Je me suis complètement trompé. Abdouloihabi venait de sortir son couteau, et contrairement à ce que dit le Président Sambi, ce n'est pas sur son dos qu'il l'a planté, mais sur celui de l'Etat comorien, encore une fois. Mais cela, ce n'est qu'un détail.
Abdouloihabi était Ministre des Affaires Etrangères au moment ou Bob Denard accomplissait son dernier coup d'Etat. Quelqu'un l'a-t-il entendu se plaindre du fait que son Président a été amené, contre son gré dans un pays étranger et qu'il a été maintenu plusieurs mois ? S'est-il plaint auprès des autorités françaises qui accomplissait cet illégal ? Vous me direz qu'il n'a pas été seul, et c'est là le drame. En 1999, lors du coup d'Etat du colonel Azali, il saute le pas, et se met au service des putschistes, lui, un juriste. Il n'était pas le seul, et c'est là le drame. Avec un autre juriste, Nouroudine Abodo, ils rédigent la Charte constitutionnelle qui allait mettre bas la Constitution comorienne à la faveur des putschistes.
Quelques années après, il part en France, dans les associations marseillaises, il se fait une virginité politique, condamne discrètement le régime d'Azali, joue la victime, celui qui aurait été trahi - mais quand on trahit son pays, peut-on s'attendre à moins que cela ?
Vient alors le début de la campagne présidentielle de 2006. On le voit assister à des réunions du Comité de Caambi Elyachroutu, puis finalement adopter le candidat Sambi. La suite, son implication au sommet du pouvoir actuel, la manière dont il a remporté les élections de l'île de Ngazidja, tout le monde la connaît.
Reste maintenant à découvrir qui est vraiment Abdouloihabi. Un ambitieux prêt à tout ou un patriote.
15:40 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Abdouloihabi, Ngazidja, politique, Sambi, Anjouan
14.08.2007
Larifou et la rumeur
L'année dernière (2006), je suis revenu des vacances un peu fauché. Vous savez comme la cigale de notre enfance qui, ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue... Comme beaucoup de gens. J'ai vu arriver successivement mes impôts sur le revenu, ma taxe foncière et ma taxe d'habitation. C'était trop !
Ma première réaction était d'ignorer le fisc. J'y pensais sérieusement en sirotant un soda américain que ma mère m'a interdit de nommer ici et en regardant des dizaines de minuscules petits êtres noirs qui partaient de ma terrasse avec des provisions qu'ils mettaient à l'abri pour l'hiver et j'ai pris conscience de l'erreur que j'allais faire. J'ai mesuré les risques d'une ruine économique et sociale, et je me suis dit : mon gars reprend-toi, ça va ça vient. Et puis en bon gaucho, je me suis dit : quand j'étais élève puis étudiant boursier, j'étais bien content que ce système fiscal existe. Alors, je suis allé voir mon percepteur et j'ai négocié avec lui un échelonnement de ma dette envers l'Etat. Comme c'était la première fois depuis près de 15 ans, il n'a pas vu d'inconvénient à cela.
Imaginez maintenant que je sois un homme politique comorien, très en vue, avec beaucoup d'ambitions et il faut le dire un tantinet arrogant. Quel scandale ! J'aurais tout entendu. Voilà que mib FRAUDE le fisc ! Et les bonnes âmes, dont je fais partie quelques fois, se seraient écriés : comment ? Il veut être président et il tente de rouler le fisc, de faire en sorte que celui-ci l'oublie... Comme si le fisc français pouvait oublier un contribuable qui a négocié un paiement échelonné de ses impôts !
Bon trève de plaisanterie ! Notre avocat et non moins leader politique, Saïd Larifou, a enfin donné une conférence de presse pour se défendre des nouvelles rumeurs qui courrent à son sujet, et de ses relations avec le fisc français.
Que lui reproche-t-on au juste ? De quoi se plaignent ceux qui aiment à répandre rumeurs sans fondements et mensonges ? Il a échelonné une dette de 200 000 euros qu'il devait au fisc à la Réunion, et après non règlement d'une échéance le fisc lui est tombé dessus et a menacé de vendre ses effets personnels aux enchères. Une procédure classique en somme, si ce n'était la somme demandée. Est-ce que le fisc avait intérêt à ruiner une poule valant 200 000 euros en quatre ans, soit 50 000 euros par an ? Non. C'est une menace classique destinée à le faire réagir et à le rappeler que l'Etat n'attend pas indéfiniment. J'espère qu'une telle procédure désagréable n'arrivera jamais à ceux qui jettent la pierre aujourd'hui.
J'ai eu, à plusieurs reprises, à condamner publiquement les paroles et les actions politiques de Larifou lorsque par exemple il a déclaré qu'il fallait laisser Mayotte et s'occuper des trois autres îles d'abord ou lorsqu'il s'est affiché avec le séparatiste-rattachiste, ancien militaire français utilisé pour mettre le feu à Anjouan, Chamasse ou le non moins troublant Laguera avec lequel il avait mis en place un gouvernement d'exil et cherchait les moyens d'aller renvoyer dans ses casernes le putschiste Azali.
Mais tout de même la ficelle est trop grosse ! On a accusé Larifou d'avoir voulu frauder le fisc, alors qu'on apprend qu'il a a négocié pour payer autrement ses dettes, comme le font des milliers de Français, riches et pauvres, chaque année. Il n'a pas pu honorer sa dette envers le fisc français mais ce dernier n'a pas la réputation de lâcher prise, contrairement à ce qui se passe dans notre archipel où il lui aurait suffi d'être en contact avec le cousin le plus éloigné du président pour qu'on oublie sa dette.
Pire, on a vu un homme qui, un jour, a écrit sur le forum Habari qu'il a quitté le pays avec une malette contenant la caisse de son administration d'origine (il a promis de rembourser un jour mais cela fait déjà plus de dix ans, je crois) s'élever contre les pratiques de Larifou qui, selon lui, aurait utilisé l'argent des Comoriens pour payer le fisc français, s'il avait étén élu. A croire qu'on ne prête aux autres que ses propres délires. C'est vraiment se moquer du monde et comme il l'écrivait, heureusement que cela ne se passe qu'aux Comores : un homme avoue avoir VOLE son propre pays et il revient se plaindre du fait qu'un autre met plus longtemps à payer une dette qu'il a reconnu envers un autre Etat.
Je veux bien combattre les idées politiques de Larifou, mais pas de cette manière là. Pas en l'accusant, comme cela a été fait par les partisans du pouvoir en place, d'être devenu un chrétien. Il y a quelques années, on avait prétendu aussi que le Président Azali était entré dans la secte Moon. A quoi cela sert-il de mettre sur le compte de ses adversaires politiques autant d'idioties, alors qu'il y a d'autres moyens de les combattre ?
Sincèrement, quand j'ai lu que Larifou devait 200 000 euros au fisc français, je me suis dit : eureka ! Tous ceux à qui j'avais dit qu'il ne fallait pas essayer de combattre l'homme politique Larifou en racontant partout qu'il recevait de l'argent de l'extrême droite française allaient enfin me croire. Je disais que le Parti communiste réunionnais avait dans le passé aidé Larifou et qu'en tant qu'avocat il gagnait beaucoup d'argent, les gens restaient incrédules et se croyaient malins en demandant : Qu'est-ce qu'il gagne ? Il perd tous ses procès ! Parce qu'ils ne connaissent Larifou qu'à travers les trois ou quatre procès médiatisés ! Et puis, est-ce que quand le malade ne guérit pas, le médecin rembourse les honoraires ?
Je mes suis dit qu'enfin les plus incrédules allaient comprendre que si Larifou payait autant au fisc c'est qu'il gagnait beaucoup plus que cela. Non. Quand on tient un opposant politique par le cou, il faut continuer à le tordre pour ne pas qu'il se relève un jour. On a donc occulté la réalité (il gagne beaucoup) pour ne conserver que le mensonge (Larifou est un fraudeur). Dans tout cela, nos journalistes, bloggers et autres forumistes, acquis à la cause du gouvernement actuel ou opposants se taisent sur des choses beaucoup plus graves, ne prennent pas la peine de se demander où le président de l'Ile autonome de Ngazidja, Abdouloihabi, a trouvé autant d'argent (plus que Larifou) pour mener sa campagne, lui qui il y a quelques mois galérait à Marseille, sans véritable emploi. Il suffit donc de passer quelques mois dans le cabinet du Président pour devenir millionnaire. Je comprends donc l'empressement et les compromissions de certains pour approcher les gens du pouvoir.
16:35 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Larifou, avocat, fisc, Comores, politique
23.01.2007
Des sultans batailleurs... Il vaut mieux en rire !
Dans les écrits des bangwe virtuels, l’actualité, surtout politique est commentée avec des expressions ou des idées qui nagent à la surface depuis… on ne sait quand, mais qui ont l’avantage de faire rire quand ils ne nous enfoncent pas dans ce que mon ami Ibrahim Barwane appelle la « comorosité ».
« A bon entendeur salut ! » lit-on souvent à la fin des messages envoyés sur internet. Quelques fois les choses semblent si graves qu’il s’en trouve toujours un pour écrire : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez lui apporter ». Mais bon celle-là, même madame Ségolène la reprend dans ses meetings.
Les idées destinées à faire passer le locuteur pour un original sont légion. Mais parmi toutes ces expressions, celle que je préfère et que je place au-dessus de toutes, c’est une expression qu’on retrouve dans tous les types de discours : « l’archipel aux sultans batailleurs ».
Mohamed Bacar refuse l’entrée de l’armée nationale à Anjouan ? C’est à cause des sultans batailleurs ! Il y a pléthore de candidats aux élections présidentielles ? C’est normal, nous sommes dans l’archipel aux sultans batailleurs. Tel homme avantage tel cadre originaire de sa région ? Les sultans batailleurs !
Mais qui sont donc ces sultans batailleurs qu’on rappelle à chaque fois pour expliquer le moindre fait dans la vie politique comorienne ?
Existe-il un arbre qui fait pousser les sultans batailleurs aux Comores ? Trêve de plaisanterie ! On finit par croire que nos sultans ont passé leur temps à se battre entre eux. On imagine donc aisément le sultan Ahmed Mwinyi Mkuu prenant la mer à bord de son vaisseau pour aller guerroyer contre son gendre à Anjouan ou à Mayotte ou Djumbe Fatima allant disputer le tibe de Ngazidja à Msa Fumu. A mourir de rires !
L’expression a été inventée par un administrateur colonial, Urbain Faurec, qui en guerre mondiale, écrit un petit ouvrage à la gloire de la colonisation aux Comores. Le livre s’intitule d’ailleurs « L’archipel aux sultans batailleurs » et a pour objectif, entre autres de justifier la colonisation. Comme ailleurs en Afrique, il s’agit de dire : si nous n’étions pas intervenus dans l’archipel, ces sauvages seraient encore en train de s’entretuer.
Pourtant, tout semble montrer le contraire. Avant les interventions des princes malgaches et de la marine française, les historiens ne nous rapportent pas d’affrontements majeurs entre les sultans. A Anjouan, trois royaumes, trois souverains. A Ngazidja, sept sultanats (quelquefois plus quelquefois moins) et sept sultans qui s’entendent pour désigner l’un d’eux comme sultan des sultans (tibe), mais sans lui accorder de pouvoirs absolus.
Il a fallu que la colonisation remette tous les pouvoirs à Ngazidja entre les mains d’un seul sultan, Saïd Ali, pour que la guerre devienne un fait dans l’île. De même, les interventions de Ramanetaka, qui finira par s’emparer de Moheli, puis d’Andriansouli qui prend Mayotte aux dépens des sultans d’Anjouan, enveniment les choses. C’est d’ailleurs ce qu’on retient en lisant « L’archipel au sultans batailleurs » qui n’évoque que la deuxième partie du XIXe siècle, c’est-à-dire précisément au moment où la marine française intervient dans l’archipel.
Combien de Comoriens, même parmi les historiens, ont-ils lu Urbain Faurec ? Une poignée. Pourtant, à voir comment le mot est employé dans toutes les circonstances, on se dit que si l’auteur avait déposé l’expression, ses descendants seraient aujourd’hui fortunés.
MiB
Ce texte a été écrit pour le magazine Comores-Mag n°14, janvier 2007. Pour vous procurer le n° ou vous abonner : comorespress@yahoo.fr
20:10 Publié dans Extratemporels | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Comores, sultan, histoire, politique
22.09.2006
Le Président Sambi
Le Président comorien, Ahmed Abdallah Sambi a prononcé son premier discours devant l'Assemblée Générale de l'ONU le 21 septembre 2006, quelques jours après avoir été longuement applaudi dans un meeting devant les ressortissants comoriens de tous âges et de toutes les îles, à Paris.
On aurait pu penser que par sa présence à New York et le fait qu'il prononce lui-même le discours (au lieu de laisser son Ministre des Affaires étrangères le faire), il allait annoncer une grande nouvelle notamment sur le front de la lutte pour l'intégration de l'île comorienne de Mayotte.
Rien. Le mot suffit à résumer ce discours long, lu en arabe, une des trois langues officiellles des Comores. Vide. Du blabla comme savaient le faire les ministres du colonel Azali, son prédécesseur. A certains moments, les nombreux remerciements donnaient l'impression qu'on avait affaire à un thésard devant son jury. Il repassera sans doute l'année prochaine, parce que sincèrement il y a des soupçons de "pompage". C'est même très flagrant.
Ce discours démontre, en tout cas en ce qui concerne les affaires étrangères, que ce sont toujours les mêmes fonctionnaires, les mêmes diplomates qui ont fait inviter Azali par la secte Moon, qui ont manigancé dans l'affaire de la vente du 269 et qui ont signé l'accord secret assurant à la France que les Comores ne parleront plus de cette question à l'ONU jusqu'en 2007 qui sont toujours au pouvoir. Ce sont ces mêmes fonctionnaires qui sont régulièrement pris de tremblote dès qu'ils entendent le nom de l'Ambassadeur de France, et qui prient Sambi de ne pas s'attirer la foudre de la France en négociant des accords avec d'autres pays, et particulièrement l'Iran.
Quelques fois, même les démocrates aimeraient que dans certaines administrations la chasse aux sorcières soit appliquée. Surtout dans celles où la bêtise concurrence l'incopétence parce que les gens ont été embauchés "à titre politique" et qu'ils prennent la diplomatie pour un honneur comparable à celui qu'on acquiert après avoir effectué le grand-mariage ou le pélèrinage à la Mecque.
09:30 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Comores, ONU, Sambi, politique
06.09.2006
Réponse d'un clown de banlieue
Stomy Bugsy n'est plus un banlieusard depuis longtemps, mais il n'oublie pas d'où il vient. Sa réponse aux paroles et à l'attitude de celui qu'il considère comme son "petit frère" ne s'est pas fait attendre. A lire dans Libération du 5.9.06.
Extrait :
"Là Bruno (Beausir, le véritable nom de Doc Gynéco, ndlr), il descend très bas. Il aurait pu soutenir qui il voulait mais pas Sarkozy. C’est lui qui en France fait la misère aux immigrés, sépare des familles, pourchasse des écoliers… Bruno, il devrait être avec nous à Cachan au lieu de soutenir Sarkozy. Je sais qu’il a le goût de la provoc’ mais là… je ne comprends pas. Il doit y avoir des trucs financiers là-dessous, c’est pire que tout : il a vendu son âme au diable. »
00:15 Publié dans Extraits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Bugsy, Gyneco, Sarkozy
05.09.2006
Mort aux vaches !
La rentrée politique en France a été particulière en 2006. Chacun des probables candidats à la candidatures aux élections présidentielles de 2007 a fait son show pour montrer qu'il est le plus légitime dans son camp et que de toute façon il gagnera les élections.
Certains se gaussent déjà du faux départ de Bové, de la menace de l'animateur télé et conseiller de Chirac, de la peur du ridicule qui a envahi les Verts après la désignation de leur candidat (qui est-ce déjà ?), des hésitations de Buffet, de la disparition du beau facteur de la LCR, des gesticulations presque infantiles de Bayrou, des larmes d'un Jospin revenant d'Outre-tombe, des batailles presque habituelles maintenant dans les grandes rencontres entre les éléphants et les militants les plus riches du PS, de la tranquilité de Juppé revenant du purgatoire et exigeant enfin qu'on lui cède ses bonbons, de la photo de Gaudin aux côtés de Doc Gyneco, du même Gynéco bras dessus bras dessous avec Sarko, de la conservatrice Royal qui veut un débat sans débat et qui finit par appeler au secours deux grands gaillards du PS pour la protéger des méchants, des opportunistes qui ont déjà senti la direction du vent et qui réclament maintenant une femme à la présidence de la République et qui trouvent que Royale est la candidate de la "rupture", du Ministre de l'Intérieur qui dans l'affaire des squateurs de Cachan dit au Maire de la même ville de se débrouiller tout seul parce qu'il n'a pas voulu suivre ses instructions, de la Ministre des Armées qui sent le vent arriver et qui ne veut pas qu'on l'oublie, de Villepin qui sort du gouffre et qui recommence ses grandes envolées lyriques au 20h de TF1, de Jack qui se moque de Sarkozy qui fait appel à des artistes pour soutenir l'UMP... mais que serait une rentrée sans ce cirque médiatico-politique ? Ennui et monotonie. Alors réjouissons-nous car il y a des pays où rien ne se passe en politique. Croyez-moi on vit dans le meilleur des mondes politiques possible.
Pour moi, cette rentrée a été marquée par l'utilisation des artistes comme hommes-sandwichs par Sarkozy. Ils n'avaient rien à dire, rien à défendre mais ils étaient là avec Sarkozy pour la "rupture". Le plus remarqué a été Johnny Halliday. Son apparition à l'université d'été de l'UMP a été annoncée depuis longtemps et les photographes avaient prévu des pellicules en rab. Ils ne furent pas déçus car l'idole des jeunes (qui ne sont plus aussi jeunes d'ailleurs) était bien présent mais sans sa femme, son premier et son dernier fils, tous encartés dans le parti gaulliste, je veux dire chiraquien, non sarkozyste, non gynécoliste... et puis j'en sais rien.
Bizzarement, l'engagement de Doc Gynéco a été moins médiatisé. Doc Gyneco ? Vous l'avez peut-être déjà oublié mais c'est celui qui chantait :
"Je veux changer d'air, changer d'atmosphère,
Je vais me foutre en l'air comme Patrick Devers.
Me droguer aux aspirines, façon Marilyn,
Hooo..... faut que je me supprime.
REFRAIN:
Comme Beregovoy, aussi vite que Senna,
Je veux atteindre le nirvana.
Comme Beregovoy, clic clic boum!
Aussi vite que Senna,
Je veux atteindre le nirvana."
On le connaissait provocateur, on le retrouve ultra-conservateur. Mais c'est peut-être le summum de la provoc. C'est vrai, ce n'est qu'un petit rappeur de banlieue, mais tout de même : respect car il doit encore avoir deux ou trois amis à Clichy sous Bois. Accueilli et hypnotisé par le verbe (j'ai failli écrire l'herbe) de provence de Jean-Claude Gaudin (à prononcer avec l'accent de la canebière), le minot ne savait plus où il était. Complètement perdu au milieu des supporters de l'UMP. Pardonnez donc ces paroles qui n'ont pas été vraiment pensées : Sarkozy est " quelqu'un qui m'aide à penser, un petit maître à penser". Imaginez une seconde s'il avait dit : "Sarkozy est mon maître à penser". Il y aurait eu des scandales dans les chaumières. Mais, il a juste dit : "un petit maître à penser", et cela a tout simplement fait rire. Quand on a vu Sarkozy venir lui tapoter tendrement les joues, d'autres paroles du rappeur nous revenaient en tête :
"1 2 3 tu m'emmènes avec toi,
4 5 6 cueillir du vice,
7 8 9 dans ton cabriolet neuf".
On avait tout compris. Ainsi finissent les faux rebelles. Dans quelque temps il dira : Sarkozy, l'UMP ? C'était une erreur de jeunesse.
En attendant, il continuait dans une sorte de delirium tremens : "Les banlieusards, c'est des clowns. Ils sont choqués d'avoir entendu racaille et karcher quand tous les jours entre eux ils s'insultent". Un petit maître à penser ? Mais qu'est-ce que Sarkozy (ou Johnny ?) a pu lui dire Place Beauveau pour lui "retourner le cerveau " ?
Les banlieusards te saluent bien bas. Pourvu que Sarkozy te hisse là où tu veux parvenir. Et si tu passes par Cachan viens voir nos pères et mères, les conditions dans lesquelles tes nouveaux amis les font vivre avant de les expulser comme indésirables. S'il te plaît, tu auras la gentillesse de ne pas amener ton "petit maître à penser". Tu vois ce que je veux dire ?
Fait nouveau dans cette pré-campagne, invité au 20h de TF1, le président de l'UDF s'en prend aux monopoles et aux accointances entre ces monopoles de la com et les hommes politiques. En fait, il ne visait pas tous ses collègues mais uniquement son allié d'hier : Sarkozy qui marche aussi bras dessus bras dessous avec Bouygues fils. Et il est venu à TF1 pour le dire. Bravo ! Pas de ça chez nous ! On laisse cela aux Italiens. A se demander comment le Président du CSA, membre influent de l'UDF est parvenu à ce poste !
Reviens Jospin reviens ! Car la France elle a besoin de toi... Voilà que ma culture de Guignol (ou clown) banlieusard ressort ! On y peut rien ! Mais sérieux, Jospin reviens ! Je sais, on a été infidèles. Mais, une seule fois, ça peut arriver à n'importe quel ange. Cette fois, promis je ne voterai pas RG ou LCR ou LO au premier tour. Tout pour toi. Mais je te préviens, si tu nous laisses tomber, entre la Royale et le petit Maître à penser de Gyneco, je n'hésiterais pas une seule seconde, je voterai pour le citoyen Dieudo, alias Mbala Mbala... puis au deuxième tour j'irai à la pêche pour oublier la défaite, comme la dernière fois. Et je le déclare solennelement : Mort aux vaches ! (Mêmes celles qui consomment l'herbe du 16e arrondissement).
23:30 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, PS, UMP, Gyneco, Sarkozy
24.08.2006
Encore des journalistes en prison aux Comores
Le colonel Azali a quitté le pouvoir, son complice lors du coup d'Etat de 1999, Abdou Soefo est en prison. Pourtant, les pratiques de l'Exécutif envers les journalistes restent les mêmes.
Depuis hier, le tout nouveau Directeur de publication du journal gouvernemental (Al-Watwan), Mohamed Boudouri et le rédacteur en chef Mohamed Younoussa ont été mis en garde à vue.
Pourquoi ? Ils refusent de donner le nom de la source qui a affirmé dans le journal, dans une brève non signée, qu'un des enquêteurs sur les détournements de fonds publics a été soudoyé. Un classique du genre !
Bien qu'aux Comores aucun d'eux n'ait encore révélé de noms d'informateurs, le pouvoir continue à enfermer des journalistes pour tenter de les faire céder sur ce principe partout respecté, sauf dans les pays dirigés par des dictateurs ou dans les démocraties où le président se croit depuis longtemps au-dessus des lois.
Mohamed Boudouri est un journaliste exemplaire, qui pendant toute la crise séparatiste a continué à informer ses compatriotes des quatre îles avec honnêteté sur la folie qui s'était emparée de l'île d'Anjouan, malgré les menaces et le danger réel que représentait le fait d'être correspondant du journal du gouvernement central dans une île qui voulait son "indépendandance". Surtout que Boudouri est originaire de cette île, et pouvait être considéré au mieux comme un traître (puisqu'il continuait à servir l'Etat central), et au pire comme un espion. Alors un tel homme peut-il renier ses principes après quelques jours de prison ? Tout laisse entendre que non. Le gouvernement peut-il comprendre cela ? Tout laisse entendre que non.
J'avoue que c'était avec une certaine satisfaction que j'applaudissais lorsque le nouveau gouvernement a nommé Mohamed Boudouri à ce poste, malgré les médisances des partisans d'Azali qui se plaignaient que ce soit un Anjouanais qui occupe ce poste (bien que ce soit le premier depuis sa création en 1985, si je ne m'abuse). Enfin on reconnaissait les mérites de cet homme ! Cela me faisait d'autant plus plaisir qu'il remplaçait un politicien, Mohamed Abdou Soimadou, qui était son anti-thèse et que beaucoup de Comoriens souhaitaient voir partir. Celui-ci a été le contre-modèle de l'idée qu'on pouvait se faire du métier de journaliste, en servant avec une telle révérence du colonel Azali, n'hésitant pas à faire des glorifications indignes au moment où ce dernier piétinait la constitution et l'unité du pays.
La nomination de Mohamed Boudouri n'enchantait pas tout le monde autour du nouveau président, puisque certains avaient prévu d'y placer un de leurs poulains. Peut-être que cette crise leur permettra d'assouvir leurs desseins.
On peut toutefois s'interroger sur l'impérieuse nécessité pour l'Exécutif et le pouvoir judiciaire d'envoyer dans la prison de Moroni* deux journalistes qui n'ont pas tué et qui n'ont pas volé. Est-ce que ces deux journalistes étaient sur le point de quitter le pays pour fuir avec un quelconque magot ? Avaient-ils l'intention de commettre des attentats et le devoir de protéger la population poussait-il les juges à rapidement les mettre hors d'état de nuire ? Le pouvoir actuel pense-t-il les contraindre ainsi à faire ce que leur statut leur interdit de faire ? Souhaite-il voir ces journalistes reprendre sans changer un mot les communiqués du gouvernement et faire le travail qu'est incapable de faire le porte-parole du gouvernement ?
* déjà pleine à cause des nombreux proches d'Azali qui ont été arrêtés dans le cadre d'une opération "mains propres" et qui attendent un jugement qui tarde à venir. Heureusement, après quelques heures de garde à vue les deux journalistes ont été relâchés et n'ont pas connu cette prison.
02:55 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, journaliste, Comores, Boudouri
01.08.2006
Déclaration de l'Association Comores-MasiwaMane
Je fais partie de ceux qui ont cru réellement que le gouvernement actuel des Comores allait réintroduire "la question de l'île comorienne de Mayotte" à l'Assemblée générale de l'ONU. Le Ministre des Affaires étrangères l'avait annoncé, il vient de reculer face aux pressions de la France. Voici une déclaration de l'Association Comores-MasiwaMane.
Déclaration sur la question de Mayotte
Par une dépêche de l’agence HZK datée du 19 juillet 2006, nous apprenons que le gouvernement comorien par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Ben Saïd Jaffar, a décidé de renoncer à réintroduire la question de « l’île comorienne de Mayotte » à l’ordre du jour de la prochaine session de l’Assemblée Générale de l’ONU, comme il l’avait récemment annoncé. Le Ministre des affaires étrangères justifie le recul du gouvernement par des difficultés de procédure et de temps.
Les Comoriens ne peuvent que constater que cette décision a été prise deux jours après la mise en garde de l’Ambassadeur de France à Moroni, M. Job, estimant que le gouvernement comorien ne pouvait revenir sur un « accord secret » signé par le gouvernement du colonel Azali et visant à retirer cette question de l’ONU jusqu’en 2007.
Certes, il y a nécessité de continuité de l’Etat, mais en l’occurrence, il s’agit d’un accord de convenance entre d’une part, le colonel Azali, représenté par le Ministre des Affaires étrangères Amine Soeuf et le Secrétaire Général de son parti (qui n’avait alors aucune fonction au sein de l’Etat), Abdou Soefo et d’autre part, le ministre de la coopération français Xavier Darcos. A aucun moment les représentants du peuple comorien n’ont donné leur point de vue sur cet « accord secret ». Le gouvernement de M. Sambi pouvait donc s’appuyer sur le non respect du peuple et la décision unilatérale de la part du colonel Azali (d’ailleurs, c’est en ces termes que le candidat Sambi a dénoncé la décision de faire participer aux Jeux des Iles, les athlètes maorais en tant qu’entité) pour ne pas tenir compte de ce fameux « accord secret ».
En tout cas, les révélations de l’Ambassadeur Job expliquent l’arrogance avec laquelle le député René Dosière (PS), qui revenait d’un voyage à Mayotte et dans le reste des Comores, nous avait reçu à l’Assemblée nationale française, en nous annonçant, d’emblée, que même notre propre gouvernement avait signifié à la France et au monde l’abandon de ses revendications sur l’île de Mayotte.
Comme chacun le sait notre association est née précisément au moment de la signature de ces Accords mixtes franco-comoriens pendant lesquels certains représentants de grandes associations comoriennes en France ont pris part, mais étaient écartés des discussions politiques et étaient restés silencieux. Le choix de mettre en place une structure pouvant réclamer le retour de Mayotte dans son giron naturel sans être liée par des demandes d’aides économiques auprès du Ministère des Affaires étrangères se justifiait donc, et se justifie toujours.
Nous avons fait partie des premières associations à avoir félicité le gouvernement du Président Sambi et son ministre des Affaires étrangères Ahmed Ben Saïd Jaffar pour leur décision de ne plus retirer « la question de l’île comorienne de Mayotte » de l’ordre du jour de l’Assemblée Générale de l’ONU comme l’ont fait leurs prédécesseurs depuis 1995. Nous l’avons fait avec empressement, et avons incité certains à le faire car nous savions d’expérience qu’une telle décision allait être suivie d’une pression énorme de la part des autorités françaises pour faire reculer le gouvernement comorien. Cela n’a pas tardé.
De plus, les mêmes moyens de pression sont employés contre le gouvernement actuel, et notamment le chantage au développement (sous couvert de « codéveloppement » ou de « coopération régionale ») qui reste l’arme la plus efficace du gouvernement français depuis l’accession des Comores à l’indépendance. En effet, comment ne pas relier cette décision du gouvernement Sambi aux remerciements du Président à la France pour son aide économique, lors du discours du 10 juillet dernier ?
Il semble également que notre nouveau ministre des Affaires étrangères ait rapidement repris la langue de bois de ses prédécesseurs, notamment lorsqu’il déclare que les « discussions se poursuivent » ou qu’il veut initier « une approche par le développement » pour parvenir à un règlement rapide de ce contentieux. On croirait entendre les deux ministres précédents. Pendant ce temps, la diplomatie française agit souterrainement pour faire perdre à notre pays toute crédibilité auprès de ses soutiens les plus actifs, en attendant de faire de Mayotte un département français en 2010 comme le prévoit une loi française de 2000.
En somme, nous avons là la première décision anti-constitutionnelle du gouvernement Sambi (au regard des articles 1, 6 et 12 de la Constitution comorienne). Cette décision devrait amener la Cour constitutionnelle, le parlement, les exécutifs des Iles, les partis politiques, les associations et tous les citoyens comoriens à sortir de leur réserve pour condamner la mise au pas du nouveau gouvernement par M. Job, l’Ambassadeur de France.
La constitution comorienne définit clairement les frontières des Comores « telles qu’internationalement reconnues » (article 6 et 12 de la Constitution). Or nous constatons que le nouveau gouvernement, comme le gouvernement précédent pense qu’il peut aller à l’encontre de la Loi fondamentale, malgré un serment sur le Coran, fait cette fois-ci par tous les membres du gouvernement en plus du Président qui a juré de défendre les institutions de l’Etat.
Lors de son point de presse, le Ministre des Affaires étrangères (qui a refusé de répondre aux questions des journalistes) aurait également affirmé son « soutien aux compatriotes pour le traitement qui leur est infligé à Mayotte ». Le Collectif Comores-MasiwaMane pense qu’il n’y a qu’un seul moyen de soutenir réellement nos compatriotes victimes de nombreux abus de la part de l’administration française : c’est de refuser leur expulsion vers les autres îles, comme nous le permet le droit international qui condamne (article 7.1d et 7.2d des statuts de la Cour Pénal International) les déplacements d’êtres humains à l’intérieur d’un même pays. Or il se trouve que la communauté internationale, contrairement au gouvernement Azali, n’a jamais reconnu une frontière entre Mayotte et les trois autres îles. Interdire toute arrivée de bateaux ou d’avions transportant des Comoriens déplacés de Mayotte vers une autre île serait une façon, pour le gouvernement de Sambi, de montrer sa volonté de se démarquer de la diplomatie de « mendiants » qui a caractérisé, particulièrement, les gouvernements du colonel Azali.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères aura également l’occasion d’évoquer l’occupation de l’île comorienne de Mayotte à l’automne prochain, lors de son discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU. Nous espérons qu’il ne va pas, comme son prédécesseur, avancer d’hypothétiques « discussions » en cours avec la France pour renoncer à la souveraineté des Comores sur l’île de Mayotte.
Dans tous les cas, l’association Comores-MasiwaMane entend dénoncer les renoncements et les trahisons sur l’intégrité territoriale de notre pays d’où qu’ils viennent, ainsi que les entorses à la loi dont se rend coupable le gouvernement français.
Collectif Comores-MasiwaMane
Comores_masiwamane@yahoo.fr
Le 30 juillet 2006
20:20 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Comores, MasiwaMane, Politique, Mayotte
15.05.2006
Mayotte, est-ce vraiment la France ?
Le verdict est tombé aujourd'hui: le maire d'Ensisheim a été condamné à 6 mois de prison et 5000 euros d'amende.
Le Maire qui a mis le feu à Hamouro (Mayotte), bien avant Eisisheim, pour se débarasser de soi-disant clandestins n'a toujours pas été jugé. Le dossier a sans doute été enterré.
Par contre l'administration a décidé depuis quelques semaines de résister aux "chatouilleuses" qui réclament le licenciement d'un Français qui a le tort d'être originaire des Comores. Dans un premier temps, elle avait accepté, sous la pression de quelques femmes de déplacer ce fonctionnaire. Il avait été contraint de prendre des vacances en attendant. Mais les femmes sont revenues pour dire qu'elles n'acceptent que son licenciement.
Peut-être que lors de son déplacement dans l'île vendredi prochain, Villepin trouvera les mots pour condamner le racisme. Non, il a suffisamment d'ennuis comme ça. Il vaut mieux pas qu'il se fasse lapider, en plus.
20:11 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
07.05.2006
Sarkozy et l'immigré Othello
La droite la plus bête du monde disais-je ? Elle n'en finit pas de s'enterrer elle-même, à tel point que certains spécialistes craignent un 21 avril inversé, c'est-à-dire que les Français ne mettent au deuxième tour des élections présidentielles un candidat socialiste face à Lepen.
Après la loi sur la colonisation (dont l'article inspirée des nostalgiques de l'empire a été abrogé), après le CNE (qui à terme devrait être abrogé) et le CPE (abrogé), voici qu'à l'approche des présidentielles le probable candidat de l'UMP (sauf si de vrais rapports des services secrets ne viennent l'enterrer définitivement, mais après l'affaire Clearstrem, ce n'est plus une solution envisageable) nous sort une loi sur l'immigration qui devrait, elle aussi, provoquer la polémique et les affrontements inutiles entre Français.
Sarkozy a compris que c'est sur des thèmes comme l'insécurité ou l'immigration que Lepen a réussi à atteindre le deuxième tour en 2002. Comment lui enlever ses électeurs (ambition qu'il a clairement affiché) que de lier les deux thèmes. C'est à peine voilé. Le Ministre de l'Intérieur le dit lui-même ou le fait dire par ses lieutenants et futurs ministres de son gouvernement. Ils n'hésitent pas à emprunter au même Lepen quelques formules chocs. Nous ne voulons pas d'une immigration subie. Comme si les millions d'immigrés qui ont participé à la construction de la France ont fait subir des misères aux "vrais" Français. Nous voulons contrôler notre immigration pour ne plus connaître les événements que nous avons connu récemment dans nos banlieues. Comme si une loi pouvait nous permettre de renvoyer hors de la Gaulle tous ces petits français qui ont crié leur ral-bol d'être les paria de la société de consommation !
Les assocaitions, les chrétiens, les partis d'opposition et même Christine Boutin dénoncent le côté utilitariste du projet Sarkozy. En effet, le Président de l'UMP voudrait qu'on accorde de visas qu'à des gens qui ont de bonnes formations et qui peuvent occuper des postes dans des domaines où la France a besoin de main d'oeuvre. Est-ce que les étrangers ont déjà été admis en France et même en Europe pour une autre raison qu'utilitariste ?
Pendant les Trente Glorieuses, l'insuffisance de mains d'oeuvre a fait ouvrir les frontières pour qu'arrivent des immigrés qui ne rechignaient pas devant le travail et qui étaient corvéables à merci. Le temps de la croissance fini, on a demandé aux travailleurs immigrés de rester chez eux (dès 1974). Avant c'était les Polonais qui ont sué pendant des années dans les mines du Nord et de l'Est de la France. Encore avant, pendant la Première Guerre mondiale, on avait besoin de la "force noire", et l'on a envoyé les tirailleurs sénégalais (qui n'étaient pas tous Sénégalais) se faire massacrer, en plein hiver, aux premiers rangs.
Pour tout dire, l'immigré en France, mais aussi en Europe occidentale c'est toujours l'image d'Othello, utile en tant de guerre mais dont on ne voudrait pas voir devenir français. A quoi peut sert un Maure au visage couvert de suie en tant de paix ? Sa force seul compte face à l'ennemi que ce soit le voisin ou le travail. Pour le reste, l'Europe doit montrer sa cohésion et empêcher les "barbares" de l'envahir. Surtout s'il est issu du continent le plus pauvre, et où l'éducation est la moins développée : l'Afrique.
00:36 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

