25.07.2006

Bambi

medium_Bambi2.gifBambi... Rappelez-vous la peur que nous avions du chasseur qui pourchassait Bambi et sa mère. Il avait fini par tuer la mère et faire un orphelin dans la forêt. Beaucoup d'entre nous étions restés inconsolables, même si auparavant nous savions que le même chasseur avait sauvé le Petit Chaperon Rouge et sa grand-mère.

Cette peur primaire n'est pas restée sans conséquence car quelques années après nous rêvions encore d'une vengeance et chantions avec Chantal "ce matin un lapin a tué un chasseur c'était un lapin c'était un lapin qui a tué le chasseur" (refrain que certains reprennent encore dans les boites branchées, ou du moins qui se veulent telles). Je me demande même si ce n'est pas ce premier traumatisme qui a fait de beaucoup d'entre nous des écolos anti-chasseurs et même des anti-famas et des anti-guerre.

Ah ! si seulement ce chasseur avait laissé le petit Bambi et sa mère tranquille ! S'il pouvait de temps en temps entrer dans la peau douce et fragile de Bambi ! Il aurait peut-être définitivement jeté les armes.

Il y a quelques mois Disney nous annonçait le retour de Bambi. Je n'ai pu résister. Je voulais savoir comment avait vécu Bambi sans sa mère. Je me suis tout de mêm fait accompagner par ma fille pour ne pas qu'on se moque de moi dans la salle de cinéma. Au cas où je rencontrerai une connaissance. Ce fut le cas d'ailleurs et cette collègue de travail avait la même excuse que moi : elle ramenait son petit voir Bambi. Menteuse ! On ne me la fait pas ! Elle était là pour la même raison que moi. Nous avions attendu tant d'années pour connaître la suite, on allait tout de même pas la bouder par peur de paraître ridicule. Je sais, certains sont restés chez eux en attendant le CD. Mais je ne pouvais pas résister.

J'ai retrouvé pendant près d'une heure l'atmosphère féerique du petit Bambi, les joies et les souffrances de l'enfance, et bien sûr... le chasseur, d'autant plus menaçant qu'on ne le voyait pas. Heureusement, l'auteur du nouveau Bambi avait deviné que son premier public serait formé par ceux qui ont connu la première version du dessin animé et du livre. Il avait su s'adapter à la transformation de ma génération en nous présentant un père obligé d'assumer ses fonctions auprès de son fils qui avait perdu sa mère. Un papa poule en somme, si on peut dire cela d'un cerf !

Au bout de quelques minutes je me suis aperçu que ma fille, à côté de moi, était en pleurs. Elle mettait ses mains devant les yeux comme je le faisais autrefois, puis bouchait ses oreilles dès que les coups de fusil des chasseurs se faisaient entendre. Je la pris dans mes bras pour la consoler, et elle put regarder la fin avec moins d'inquiétude.

PS : Je demande pardon à tous ceux qui me connaissent comme un garçon sérieux et appliqué. C'est à cause des vacances. Je serai un peu plus sérieux la prochaine fois. Mais bon je vous ai prévenu : ne perdez pas votre temps ici avec des mafitsi !