22.07.2008

Sambi : la fin des rêves ?

f0ef7d433d8d5bd2bc1d46be80eabcc9.jpgC'es passé presque inaperçu. Le président des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi recevait ses partisans et quelques personnalités de la diaspora sélectionnées par ses proches dimanche dernier, rue Alphand à Paris, dans l'appartement de l'Ambassadeur.

Il était là aussi depuis le 14 juillet. Quelqu'un l'a-t-il vu parmi les autres chefs d'Etat invités par son "ami" Nicolas Sarkozy à la tribune présidentielle ? Dans les milieux diplomatiques comoriens à Paris, on chuchote qu'ils ont tout fait pour que le Président soit invité, mais que celui-ci n'a pas pu changer le statut de son voyage : " à titre privé".

Après tout, il n'était qu'en transit. On l'attendait aux Etats-Unis où grâce à son excellence M. l'Ambassadeur, le président allait enfin signer ce machin qui va permettre aux lecteurs DVD, au riz, aux voitures,... et toutes nos productions industrielles et agricoles, "made in Comoros" d'entrer sur le marché américain. Et au pays de l'Oncle Sam, le Président Sambi a rencontré des gens très importants (Very Important Person)- nous apprend le site de la présidence - : Bobby Pittman, Henriette Fore, Theresa Whelan, Tim Zeimer,.. . Vous ne les connaissez pas ? Ce n'est pas grave, ce sont des Américains et tout Américain est "une haute personnalité", surtout lorsqu'il accepte de serrer la main à notre président. C'est pas comme cet ingrat de Sarkozy qui le snobe après tant de cadeaux et de courbettes. Mais y avait aussi la belle Rice qui, tenez vous bien, aurait dit selon Beit-Salam (internet) que les Comores sont un "modèle de démocratie". Ne riez pas c'est sérieux, et la Rice, elle en a vu des régimes politiques !

Notre président recevait donc ce week-end. L'Ambassade des Comores à Paris préparait une rencontre avec tous les Comoriens depuis une semaine à La Courneuve. Au dernier moment, la rencontre avec la diaspora n'était plus au programme. Il ne fallait sans doute pas encore montrer au Président qu'il est de plus en plus impopulaire dans la diaspora installée en France. Notre Ambassadeur lui a donc concocté une belle petite rencontre comme il en a le secret. Quelques jours auparavant, tel ou tel flambeur se disant proche du Président promettait à tel ou tel jeune de l'amener voir le Président. On entendait les plus ambitieux essayer de convaincre les autres que c'est une nécessité d'aller voir le Président et qu'on ne pouvait pas refuser une telle opportunité. Résultat : on a rempli, mais pour éviter les mauvaises surprises, on a demandé à chacun de fermer sa bouche (pour rester poli). Seul un notable, ami de l'Ambassadeur, a eu l'autorisation de poser toutes les questions que les Comoriens de la diaspora voulaient poser à notre cher Président. Cela faisait gagner du temps à tout le monde, un dimanche. On n'allait tout de même pas laisser des jeunes venus d'on ne sait où, comme ces malpolis de Watania, donner des leçons de patriotisme à notre Président ! Le notable de service a donc posé deux questions au Président :

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de citoyenneté économique, cher collègue ? Mon ami, où en est-on avec Mayotte ?

Comme dans les meilleurs shows télévisés, le Président avait déjà les réponses :

- Ne vous inquiétez pas avec cette histoire de citoyenneté économique, nous allons recevoir beaucoup d'argent et ces gens ne viendront jamais s'installer chez nous. Quant à Mayotte, c'est aux Maorais de décider s'ils veulent revenir avec nous. Mais j'ai proposé à la France de lui louer l'île, histoire de gagner un peu d'argent encore, j'attends une réponse sérieuse.

Chers lecteurs, je ne vous garantis pas l'exactitude des propos tenus par le Président (et par le fameux notable), je crois que j'ai mélangé trop de paroles rapportées. Je m'en excuse d'avance, si vous avez entendu d'autres choses. Après tout, ils avaient qu'à s'adresser à tous les Comoriens !

Mais pour finir, je dois quand même féliciter les gens qui ont assisté à cette réunion car il faut le faire : écouter le Président pendant tout ce temps et accepter de se taire. Et même les journalistes, par respect pour nos aînés n'ont pas bronché. Quel bel exemple de démocratie ! Le modèle dont le monde entier nous envie ! Grand merci à notre Excellentissime, M. L'Ambassadeur des Comores en France, dont nous avons pu constater qu'il pouvait aussi user du poing quand c'est nécessaire, pour avoir réussi un tel pari.