01.11.2007
La grosse tête
Hier le gouvernement français s'est rendu en Corse pour y tenir le Conseil des Ministres décentralisé, à grand renfort de policiers et militaires chargés de la protection du président Sarkozy et des ministres.
Je parlais dans mon dernier post de l'effet inverse que peut produire une intention de communiquer. C'est un cas d'école. Le président français a voulu montrer que la Corse c'est une portion de territoire français comme une autre et les moyens mobilisés dépassant l'entedement, il a donné la preuve que la Corse n'est peut-être pas une région française (comme une autre).
1500 fonctionnaires pour la sécurité des ministres, soit près de 60 pour chacun. Une ville Ajaccio, dont le centre est investi par les forces de l'ordre, où les gens ne peuvent pas circuler normalement, des nationalistes qui affrontent les CRS... Une petite minorité de Corses mais aussi l'inflation des moyens ont construit une image, une image d'Epinal certes, mais une image qui s'installe tranquillement dans les têtes en ce long week-end de la Toussaint pendant lequel les esprits sont en repos et prêts à recevoir les informations les plus diverses : sommes-nous vraiment en France quand le même président qu'on a vu une semaine auparavant dans une usine, au milieu d'ouvriers syndicalistes hostiles en région parisienne, s'entoure d'autant de militaires pour pouvoir faire une réunion dans un immeuble fermé et gardé ?
Le plus étonnant c'est qu'à une question d'un journaliste sur les moyens colossaux utilisés pour acheminer les Ministres et les protéger, le porte-parole du govuernement, je crois que c'était Laurent Wauquiez, n'a pas hésité une seconde et reprenant la rhétorique du Président de la République qui commence à devenir usée, s'est exclamé (citation approximative, d'où l'absence de guillemets) : nous ne nous cachons pas derrière notre petit doigt (en réalité "nos petits doigts", entendu : ceux des membres du gouvernement), il a fallu des moyens. Mais j'aurai pu aussi rester dans mon bureau et on aurait vu comment la République peut marcher.
Il parait que sa tête s'est mise à enfler à ce moment-là.
Il se trouve que dans moins de quinze jours une autre catégorie de la population va essayer de montrer à Monsieur Wauquiez dans quelle direction il doit marcher pour que la République ne se prenne pas le pied dans le tapis rouge d'un bureau du gouvernement.
17:45 Publié dans Extraterrestres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Wauquiez, conseil des ministres, gouvernement français, Ajaccio, Corse

