24.10.2009

Zaza dans le net

zaza.jpgQui se rappelle encore de Zazie dans le métro ? C’est trop démodé et ça ne dit plus rien à personne… alors je ne vais pas commencer mon propos par ça ! Tant pis pour Zazie et tant mieux pour Zaza.

Vous connaissez Zaza ?  Non ? Alors soit vous n’êtes pas tombé amoureux ces deux dernières années, soit vous en êtes encore aux mélodies de notre maman, Chamsia Sagaf.

Zaza a créé le buzz sur dailymotion et youtube où l’on trouve toutes ses chansons qui sont devenues des tubes et bientôt des classiques du twarab comorien. Sans vraiment le vouloir, elle a apporté un nouveau souffle à cette musique, l’a un peu plus féminisée et l’a mise à portée de la jeunesse comorienne, surtout dans la diaspora. Avant d’arriver sur le net, elle semble avoir fait toutes les scènes de twarab à la Grande-Comore. De la capitale aux fêtes des petits villages de Ngazidja.

La recette de cette réussite est simple : une belle jeune femme (pas plus belle que la mienne, je tiens à le préciser), des paroles mielleuses dont la formule de fabrication est du type : j’ai eu la chance de tomber sur un beau jeune homme qui m’aime, les jaloux (yemamba zitso za hao, littéralement « ceux qui parlent de ce qui ne les regarde pas ») parlent de nous, mais on en a rien à faire et nous leur crachons notre bonheur sur le visage. Rien de neuf en somme. Tout le monde a déjà eu affaire avec l’amour ou au moins avec la jalousie plus ou moins imaginaire des voisins. D’ailleurs, quand certaines jeunes femmes montent sur scène pour se déhancher à ses côtés ou pour lui mettre ostensiblement entre les mains (si ce n’est entre les seins) un billet de 5000 francs comoriens pendant une de ses chansons, on sent comme du vécu.

zaza2.jpgMais Zaza, c’est aussi un corps qui prend possession de la scène, comme un bateau sur une mer agitée. C’est aussi un doigt levé au ciel comme une menace, puis pointé vers le sol pour dire : « C’est ainsi et vous n’y pouvez rien ». Elle encense l’être aimé et pourfend les jalouses. Du baume dans la voix. C’est en gros la femme que tout homme voudrait avoir à la maison, pas seulement pour s’entendre susurrer de jolies mélodies à longueur de journée mais aussi parce qu’on sent poindre dans chaque chanson un certain humour face à la vie et à la fatalité.

Mais, il se trouve que pendant les années où elle arpentait les scènes et les mariages, de jeunes amateurs l’ont filmé (plutôt mal) et ont maintenant tout envoyé sur le net. Et même de petits génies ont eu l’idée de mêler à ces images figées et trop ressemblantes et par conséquent lassantes, à des images « consentantes » dans lesquelles on voit la chanteuse dans divers vêtements et dans divers lieux qui reflètent une certaine idée du beau et du luxe (parc, fleurs, piscine…). Cela donne donc de petits clips joliment naïfs ou naïvement jolis. Ils forcent le plein d’émotions qui se dégage déjà pleinement des paroles des chansons et de la belle voix de Zaza.

Pour celle qui est devenue une icône, le succès  n’aurait pas été complet s’il n’y avait pas eu la love story (je prie mes lecteurs trop sérieux de pardonner ces quelques écarts de langage, mais il faut parfois se mettre à la page pour décrire certains phénomènes nouveaux). L’été dernier, il eut donc la love story.

Un jeune père de famille est en vacances au pays et lors d’un mariage d’un proche ses yeux tombent sur la belle qui est alors sur scène. Il n’hésite pas. Il laisse l’émotion le gagner et lui aussi monte sur scène pour danser avec la chanteuse. Coup de foudre au village de Notinguili. Revenu à Marseille, sa femme encaisse les on-dit. Mais voici que la belle Zaza débarque à Marseille pour vivre avec celui qu’elle aime. La première le prie de prendre ses valises et d’aller rejoindre celle qu’il aime. Depuis, ils vivent ainsi heureux avec les regards des jaloux et les médisances autour d’eux.

Cette médisance, Zaza a pu la ressentir même sur scène à Marseille. Lors d’un concert de twarab, elle est montée sur scène avec son désormais mari et a fait une fabuleuse prestation, en vrai prof. Mais, juste après sa chanson, une autre chanteuse, qui pourrait être sa mère, a pris le micro pour entonner un chant tout aussi émouvant sur les femmes qui envoient leurs pauvres maris construire leurs maisons au pays et qui sont victimes des méchantes jeunes femmes du bled.

Parlez, parlez, il l’aime, elle l’aime et ils sont dans leur bulle. J’aime.

24.02.2009

Muigni Baraka, intellectuel comorien et arabophone

Pour les jeunes comoriens d'aujourd'hui, il est difficile de saisir la pensée et les oeuvres de ces nombreux intellectuels d'origine comorienne qui ont brillé dans le monde arabe et qui constituent un motif de fierté mais dont les oeuvres sont gardées comme des trésors par quelques érudits, quand elles ne finissent pas dans les ventres des rats.

DialogueIslam&politiq.jpgMuigni Baraka est plus proche de nous, puisqu'il nous a quittés en 1988. Il est sans doute le dernier représentant de ces intellectuels arabophones. Pourtant, nous n'avons aucun livre de lui. Nous entendons parler depuis des années d'une thèse soutenue à l'Université d'Oxford et qui serait publiée prochainement.

Que nous reste-il de la pensée d'un homme comme Muigni Baraka, docteur de l'Université d'Oxford et savant reconnu pour ses connaissances du Coran et de l'Islam ? Peu de choses. Une voix que les gens entendent régulièrement à la radio nationale et les témoignages de ceux qui l'ont connu. Pourtant, les possibilités d'investigation sont nombreuses, puisqu'au-delà du champ de la pensée, Muigni Baraka a aussi été un homme d'action, ayant servi les régimes révolutionnaires après la révolution de Zanzibar en 1964 et après l'indépendance des Comores en 1975.

Il n'y a, pour le moment, qu'un seul ouvrage sur Muigni Baraka, celui écrit par Soilih Mohamed Soilih en 2001 (Omar-la-Baraka, Encres du sud), mais qui reste très incomplet sur le personnage.

C'est pourquoi il faut être reconnaissant envers le philosophe Ismael Ibouroi et l'écrivain Soilih Mohamed Soilih d'avoir exhumer les dialogues qui ont eu lieu à la fin des années 1980 entre le premier et Muigni Baraka à la Radio-Comores. Cela fait longtemps qu'ils en parlent et l'impatience de certains d'entre nous avait atteint les bornes.

Ces dialogues sont d'abord un plaidoyer pour la tolérance, l'acceptation de l'autre, le non-musulman (chrétien ou juif), et même l'athée. Et pour cela, les deux intellectuels comoriens reviennent souvent à l'origine de l'Islam et surtout à l'Islam du Moyen Age, lorsque les penseurs musulmans étaient en contacts permanents, d'abord par l'intermédiaire de leurs oeuvres avec les idolâtres de l'Antiquité, puis par des contacts physiques avec les chrétiens d'Espagne.

Mais ce livre est aussi un appel à reconsidérer la philosophie dans un pays où l'on reliait alors systématiquement la philosophie à l'athéisme. Le dialogue entre l'homme de religion (qui est aussi homme de pensée) et le philosophe est symbolique de leur volonté d'ouvrir les Comoriens à la philosophie, à la pensée par soi-même. Montrer autrement la philosophie, mais aussi provoquer une révolution qui a eu lieu ailleurs, dans les autres religions monothéistes, en demandant à chaque musulman comorien d'aller lui-même lire et comprendre le Coran, faire l'effort d'interprétation personnelle au lieu de se contenter de réciter ou de se laisser guider par un Clergé qui ne devrait pas exister dans l'Islam, selon Muigni Baraka.

Malheureusement, le Clergé comorien a réagi et le Grand Mufti Abderemane a mis fin à cette expérience unique pendant la dictature d'Ahmed Abdallah, en faisant arrêter subitement une émission qui devenait de plus en plus populaire.

Muigni Baraka et Ismael Ibouroi, Dialogue. Islam et Politique, éds de la Lune, 133p., 2008

(traduction de Soilih Mohamed Soilih)

 

22.04.2008

"Vous savez maintenant ce qu'aucun ange ne sait"

A mon Ange. Je sens toujours ton souffle 3ec87e0b1aa4d7fc5ee1a38146ddd553.jpgdans mes cheveux.

 

En janvier de l’année dernière disparaissait Solveig Dommartin, actrice et réalisatrice française, emportée par une crise cardiaque à l’âge de 46 ans, presque dans une indifférence générale. Pourtant elle fut pour bien des gens de ma génération le symbole de la poésie, du rêve et il faut bien l’avouer d’un certain idéalisme, artistique, cela s’entend.

Solveig Domartin est l’héroïne d’un des films qui a marqué les gens de mon âge, Les Ailes du Désir du réalisateur allemand Wim Wenders. Combien de fois ai-je vu ce film ? Je dirais : autant de fois que j’avais de bonnes amies et, comme je les aimais « intellos », libres et passionnées je l'ai souvent vu et j’en ai souvent parlé dans les cafés autour de la fac, comme un remède laissé pour plus tard. Un remède à Mme de Lafayette et à ses condisciples.

Je l’ai vu quelquefois aussi avec des amis qui auraient préféré aller regarder le Grand-Bleu (« le film d’une génération » disait-on à l’époque) et s’extasier devant l’héroïsme beat de l’exploit pour l’exploit, ce qu’on peut appeler « l’héroïsme du saut à l’élastique ». Au bout de quelques minutes, ils s’endormaient et je ne les réveillais que lorsque la couleur revenait à l’écran. Et quand le noir réapparaissait et qu’ils me demandaient : « c’était quoi l’histoire? », je répondais : « Quelle histoire ? Il n’y avait pas d’histoire ».

Des anges qui se promènent dans la ville de Berlin coupée en deux par l’Histoire et la politique, qui se faufilent et observent les hommes, passent entre les pages et les esprits, partagent les petits bonheurs et compatissent aux malheurs sans pouvoir les ressentir ou en prendre un peu pour eux.

Parmi ces anges, Damiel, qui se plait à décrire les petites choses, les petits plaisirs qui caractérisent les humains et qui est attiré par la condition humaine.

Dans ce film, Solveig Dommartin, qui est alors la compagne du réalisateur, est une belle femme (Marion), trapéziste, qui a « un gros chagrin » et attend depuis longtemps l’amour. Dès la première réplique, elle apparaît comme trop humaine. Alors que son entraîneur lui demande de « penser qu’elle est un ange » pour bien s’envoler, elle rate l’exercice et s’écrie : « Putain de bordel de merde !”. Elle est trapéziste, et des « ailes de poulet » sur le dos vole dans le chapiteau d’un cirque qui va bientôt fermer (il n’y a plus de rêveurs) et la laisser à Berlin. Elle aspire ainsi à devenir un ange.

Ces deux êtres devaient s’attirer et c’est l’ange Damiel qui, à force d’admirer la trapéziste, en tombe amoureux. Pour elle, il décide de devenir un être humain, un être qui par définition est fragile et ressent la douleur. La magie de l’amour fait qu’il tombe sur terre, perd aussitôt sa carapace et entreprend de trouver la belle Marion. Comme elle l'attendait depuis si longtemps, elle n'est pas très surprise de le trouver enfin. Elle lui dit ce qu'a été ces années d'attente. Et ils peuvent enfin s'aimer.

Dans ma vie, il me semble que j’ai toujours cherché et rencontré ces anges qui ont voulu connaître la condition humaine. Regardez bien autour de vous, il y a les guerres et la misère, les pauvres et les riches, les puissants et les faibles, mais il y aussi des êtres qui s’intéressent aux détails, aux petites choses, aux morceaux de vies, des êtres qui parfois prennent des airs de tristesse mais qui préfèrent veiller sur d'autres car ils s'imaginent qu'ils ont plus de souffrances qu'eux-mêmes.

Rappelez-vous. Cet être qui un jour de mélancolie et de tristesse a posé sur votre épaule une main affectueuse et vous a murmuré à l’oreille : "je serai toujours là pour toi, tant que tu le voudras et quelles que soient les circonstances." C’était bien un ange. Sachez-le.

17.03.2008

Les cris de Halidi Allaoui

d3ee2df11f6ba873e80d7b882f979743.jpgIl est définitivement établi que dans le monde d'aujourd'hui on ne peut être uniquement poète. Halidi Allaoui est à la fois poète et juriste. Il vient d'accomplir un pas difficile à accomplir : sortir ses poèmes et les confier à un éditeur. 

Les lecteurs les plus assidus de feu Masiwa avaient découvert la plume de ce jeune comorien natif de la ville d'Ouani (Anjouan) il y a quelques années, entre coups de gueule et poésie. On attendait que les promesses soient tenues et Halidi Allaoui est enfin devenu poète.

De plus, il a la chance d'avoir pour parrain son ancien professeur de français, l'un des meilleurs écrivains (et poètes) des Comores : Aboubacar Saïd Salim. 

Ce fut donc une surprise pour moi que cet ami fidèle se révèle comme un véritable poète et assume cette fonction en publiant Cris d'ici et d'ailleurs (KomEdit, 2008). Je me suis donc empressé d'ouvrir le recueil.

C'est un autre Halidi qui se révèle. Ce garçon qui affiche un sourire permanent et en toute occasion se révèle mélancolique (titre du premier poème) et nostalgique. Il vit en France et il aime la France, mais son coeur et sa tête sont ailleurs. Alors entre Rouen, Bordeaux, la Bretagne et la Corse il ne cesse de penser à sa mère et à sa mère-patrie tous deux confondus dans un même amour.

Le recueil de Halidi est donc en quelque sorte la juxtaposition de moments de vie ici et ailleurs, comme si l'auteur cherchait à reconstituer le puzzle de sa vie.

J'aime la poésie de Halidi Allaoui car elle est simple, il ne croit pas qu'il suffise de faire rimer les vers pour faire de la poésie et il ne pense pas que la poésie c'est forcément des mots obscurs et des phrases-mystères.

 

Halidi Allaoui, Cris d'ici et d'ailleurs, KomEdit, 2008, 72 p., 7€ 

 

17.12.2007

La Grande-Comore en 1898

eb5e9998f1860182b0dfcabe4971a206.jpgQuelle bonne idée que celle qu'a eue l'anthropologue Sophie Blanchy de publier ces belles photos du fonds Pobéquin. Elle nous offres des images saisissantes de la Grande-Comore à la fin du XIXe siècle. Au total, c'est un livre de soixante-deux photos (le fonds en comporte cent-soixante-et-onze), dont quarante deux concernent la ville de Moroni. C'est autant de cartes postales de la capitale avant qu'elle ne soit la capitale. Une modeste ville. En regardant ces photos, on se plait à reconstituer les paysages d'auourd'hui. Et la première surprise c'est l'absence de ce symbole du Moroni d'aujourd'hui la mosquée blanche. Elle est là,mais on ne la voit pas car elle était autre, beaucoup moins imposante.

Certains, même les plus jeunes, retrouveront ce puits où les femmes vont chercher l'eau place Badjanani, puits longuement évoqué par les grands-mères du centre de la ville, et même au-delà.

Lorsque Kalaweni n'était pas encore Kalaweni, c'était une sorte de plage, à quelques mètres des maisons de Badjanani et Mtsangani. Quand je pense qu'enfant, j'y plongeais des heures et des heures. Aujourd'hui rares sont les enfants qui s'y baignent, et en 1898, il devait être dangereux d'y faire des plongeons à cause des nombreux rochers. Pourtant, entre les rochers, les boutres sont là, prêts à partir affronter la mer.

Mais les photos montrent les transformations de l'île et des hommes. Les murailles sensées protéger nos ancêtres des pirates tombent peu à peu et la mer s'ouvre aux Comoriens qui partent vers les autres îles de l'archipel, et plus loin Zanzibar, Madagascar... Les autres peuvent aussi y venir, en paix, pour commercer ou conquérir.

Il y a très peu de photos des autres villes de Ngazidja, mais quelques-unes ont été prises à Mitsamihuli, Itsandra-Mdjini et Foumbouni.

Encore dans la capitale, Pobéquin a photographié les gens, aristocrates, hommes-libres et servants. Les amateurs d'histoire, passionnés par l'histoire politique de l'archipel pourront enfin mettre un visage sur le nom de Sharif Abdallah, ancêtre de quasiment tous les hommes politiques de Moroni.

Nous ne remercierons jamais assez Sophie Blanchy pour cette heureuse initiative, d'autant qu'elle a permis la numérisation de tout le fonds et que tous les Comoriens peuvent y avoir accès.

Un livre a commander chez l'éditeur KomEdit.

 

La Grande-Comore en 1898, Photos d'henri Pobéquin, textes de Sophie Blanchy, KomEdit, 2007, 101p. 

20.11.2007

Traduction de sourates du Coran

c06d098e0fc4392b9cccc693f970e563.jpgLa couverture de ce livre ressemble un peu au Kurassa de notre enfance, à ce petit recueil de sourates du Coran sur lequel nous apprenions à lire l'arabe et les premières prières. Du par coeur, rien que du par coeur. De gré ou de force et le bâton venait à bout de notre fainéantise.

Mon ami Mohamed Saïd Assoumani est un homme modeste et discret. Un de ces hommes qu'on écouterait à longueur de journée dès qu'il se mette à parler de leur passion.

Il a publié aux éditions Mansafara, un peu avant l'été dernier un petit livre qu'il a intitulé Alhamdu, Yasini, Idha Wakaâ avec comme sous titre en comorien Dauzo la maelezo, autrement dit : Les sourates l'Ouverture, Ya Sin, L'Evenement (Essai de traduction).

Il s'agit de la traduction de trois sourates fondamentaux pour le croyant comorien puisqu'il les récite à de nombreuses occasions. Mais, ce n'est pas seulement, comme on l'a fait jusqu'à maintenant, une traduction de l'arabe vers le français. Mohamed y a ajouté également une traduction en comorien.

Son livre, en plus d'être utile au pratiquant musulman comorien est aussi une manière de mettre en avant la langue de l'archipel des Comores et de montrer sa richesse dans ce pays où l'on confond trop souvent la religion et la langue arabe et où nombreux sont ceux qui croient, comme à la magie, que sans la prononciation des prières en arabe, Dieu ne la prend pas en compte. C'est pour dire qu'il n'y a pas de débat, aux Comores, sur la récitation des prières en arabe ou en comorien, comme il a eu lieu autrefois en France, entre le latin que plus personne ne comprenait et le français, langue de tous les jours, et surtout du peuple.

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai relu ces prières que je connais depuis mon enfance, cette fois en comorien. Comme dans les chansons populaires comoriennes, particulièrement le twarab, on y découvre une poésie entrainante. Et moi qui est loin d'être un grand spécialiste du shikomori, j'ai tout compris.

Ainsi, le "Ya Sin" qu'on lit à toute occasion sans y comprendre grand-chose (car on est toujours aux temps de la récitation que ce soit dans la religion ou dans l'enseignement) s'est révélé à moi, non pas tant comme une prière dans laquelle les hommes demandent à Dieu de préserver d'autres hommes ou de les accueillir dans son paradis, mais surtout comme un avertissement : Ili utahadharishe wandru ikao ("Pour que tu avertisses un peuple").

En lisant cette traduction de Mohamed Saïd Assoumani, je me suis dit : c'est dommage de lire le "Ya Sin" devant le corps d'un mort ou sa tombe, car comme il est déjà mort, l'avertissement ne lui sert à rien.

Quant à la sourate "Al-Waqia", à propos des "élus" qui pourront entrer au paradis, il y est dit que parmi les "réjouissances" dont ils pourront bénéficier, il y aura : wana-washe wa matso mahu ya wandza ("des belles aux grands yeux").

Je ne discuterai pas du canon de la beauté féminine éléborée par nos ancêtres arabes du Moyen-âge, mais je me demande si, après s'être bien comporté pendant toute sa vie ici bas, là-haut, on peut avoir des femmes aux petits yeux (des asiatiques par exemple), et si quand on est une femme et qu'on arrive au paradis après tant de misères vécus (plus que les hommes), on peut ne pas avoir des belles aux grands yeux et avoir un véritable choix que celui qui sied aux hommes ?

Je ne devrais pas plaisanter autant avec des choses aussi sérieuses. Mais tout de même... on peut se poser des questions.

En refermant le livre, j'ai compris un peu pourquoi dans notre enfance et même après, on nous demande seulement d'apprendre par coeur les sourates sans les comprendre. Imaginez toutes les questions qu'on aurait à poser à nos maîtres si tout cela était en langue vernaculaire. Mais partout, il y aurait débat sur toute la conception que la société comorienne (pas seulement elle, il est vrai) a de la religion et sa façon de vivre l'Islam. Je ne parle même pas des rires des enfants.

J'espère que Mohamed Saïd Assoumani aboutira dans la thèse qu'il a entreprise à l'Université Paris 3 sur la traduction du Coran en langue comorienne car cela pourrait être utile à la façon que nous avons d'appréhender la religion musulmane mais aussi de concevoir une société du dialogue. Mais comme c'est un homme sérieux et travailleur, il n'y a pas de raison qu'il n'aboutisse pas.

08.08.2007

Un nouveau livre pour Sast

18d104b9ba31e71b98cf8f0bdf57ef93.jpgL'écrivain comorien Ahmed Sast vient de sortir un nouveau livre : Les Berceuses assassines (KomEdit, 2007). Il avait sorti, chez le même éditeur, un bon roman intitulé Le Crépuscule des Baobabs (KomEdit, 2001). Un roman qui avait passionné les midinettes fascinées par la belle histoire d'amour sans y voir déjà la critique qui pointait à chaque page. Enfin, peut-être aussi que je m'imaginais, pourtant... le silence qui pèse dans tout le roman en dit long sur certaines moeurs. Mais ce n'est que littérature et chaque lecteur y voit ce qu'il veut voir.

Cette fois, Sast nous offre un recueil de nouvelles dont le thème central est la violence sociale, thème qui est très lié aux changements rapides des moeurs dans ce pays musulman que forme l'archipel des Comores.

Six ans plus tard, Sast a muri. Il a quitté la France où il était venu faire des études, est retourné pendant quelques années dans son pays. Chargé de la communication au Ministère des Affaires étrangères puis Directeur de la culture de l'Ile de Ngazidja, il a pu observer à quel point les mentalités et les comportements avaient changé.

C'est donc un recueil à lire avant de partir en vacances aux Comores. Vous ne verrez plus de la même façon les jeunes (et moins jeunes) cadres qui devisent à longueur de la nuit place Badja, ni les vieux notables qui prennent l'air adossés au mur de la mosquée du village un peu avant le maghreb. Et peut-être que lorsque vous croiserez un ami dans la nuit des grandes villes et que vous verrez dans sa voiture un ado qui devrait être couché depuis longtemps, vous éviterez de fermer les yeux, en faisant semblant de ne pas connaître son sort.

Le message de Sast est clair. Il faut effacer de nos têtes les cartes postales ou les images de notre enfance. Tout est corrompu par l'argent et le sexe, nouveaux sultans de nos comportements. Des cadres rois des combines, des enfants violés, des jeunes filles à peine sorties de l'adolescence et qui sont devenues les objets sexuels des fonctionnaires, des femmes qui font le tour des administrations pour chercher des clients, des mères qui initient leurs filles à l'art de vider les poches des hommes et un pays dont les valeurs fondamentales s'écroulent voilà ce que nous présente ce jeune écrivain. Voilà aussi ce qui est peut-être la cause véritable des malheurs de ce beau pays.

Ahmed Sast, Les Berceuses assassines, KomEdit, 2007, 144p., 12 euros

11.07.2006

Les moeurs sexuelles à Mayotte ou de la démarche scientifique

J'ai lu récemment (oh ! il y a plus de deux mois, en fait) un livre "marrant" intitulé "Les moeurs sexuelles à Mayotte". L'auteur, Bacar Achiraf, titulaire d'une maîtrise en Sciences de l'éducation (Université de Nancy) et instituteur a pris la peine d'indiquer qu'il est né "dans le sud de l'île française de Mayotte", sage précision pour un livre publié en France, au cas où les Français ne se seraient pas aperçus que Mayotte est sous administration française, malgré les nombreuses résolutions de l'ONU réclamant le respect par la France de l'intégrité du territoire comorien.

Mais bon c'est une autre question, revenons au livre.

Dès l'introduction notre Maître écrit : "en tant que témoin privilégié du profond bouleversement des us et coutumes de la société traditionnelle mahoraise, je souhaite avoir le point de vue authentique d'un autochtone et différent du regard extérieur porté généralement sur notre culture". Le brave homme ! On ne sait plus s'il est Français ou simplement un autochtone colonisé ?

Il poursuit "La démarche ne se veut pas scientifique, ni sociologique, et encore moins anthropologique ". C'est rassurant ! Qu'est-ce alors ? De la littérature ? Non, il a déjà dit que ce n'est pas un roman ? Qu'est-ce que c'est que ce délire alors ?

Mais continuons dans les marges. Pour justifier cette position, il écrit : " A Mayotte la culture orale prime encore beaucoup sur l'écrit qui peut aisément se déchirer ou se perdre alors que la parole ne s'efface pas. Elle persistera ad vitam aeternam dans la mémoire collective (sic). De ce fait, pour le recueil des données pertinentes, nous nous inscrivons de façon délibérée dans cette optique afin d'assurer une continuité à cette oralité ancestrale et culturelle plutôt que d'adopter une méthode académique inappropriée par rapport à la réalité du contexte local. L'originalité de notre démarche réside donc dans le choix volontaire de travailler à partir  de témoignages avérés pour appréhender la complexité des relations humaines".

Parions que c'est ce qu'il a écrit dans l'introduction de son mémoire de maîtrise ? Si vraiment on pense que l'oral est éternel alors que "l'écrit peut aisément se déchirer" on ne fait pas un livre, on prend son bâton de pélerin et on va raconter ses histoires dans les villages, ce que font de nombreux et merveilleux conteurs dans l'archipel.

Mais alors que veut réellement dire Bacar Achiraf ? Voici une traduction, bien trop partisane je l'admets, de ses propos :

"Attention, j'ai fait un livre sur la société maoraise, mais contrairement aux livres des étrangers (qui m'ont enseigné) que vous lisez tous les jours, je n'ai pas tenu compte des règles établies par les scientifiques et respectées par tous. J'ai un avantage sur eux : je ne suis pas un Mzungu, je suis Mzungu-Maorais, un presque pur-autochtone et je vis au coeur de mon sujet".

C'est une tendance qu'on retrouve quelques fois chez certains étudiants et même chercheurs Africains, et particulièrement Comoriens. La recherche absolue d'une singularité ("je suis le premier..." ou encore "les Afraicains sont les premiers...") les conduit à vouloir rejeter les règles primaires sans lesquelles il n'y a pas de recherches dignes de ce nom. L'excuse est imparable : nous n'avons pas les moyens de faire comme les Blancs ! C'est ce qu'exprime Bacar Achiraf quand il parle de "la réalité du contexte local". Même quand ils font une compilation de tout ce qui a été écrit sur un sujet concernant leur pays, certains chercheurs Comoriens (et Bacar Achiraf n'est donc pas un cas particulier) ont tendance à se croire supérieurs aux autres, justement parce qu'ils sont originaires du pays en question. C'est une grave erreur car après tout il n'y a pas de meilleurs observateurs que celui qui vient de l'étranger. Et les Wazungu qui ont écrit des idioties sur les quatres îles sont souvent ceux qui ont passé quelques mois dans l'archipel et se sont laissés impressionner par ce qui était dit dans la rue ou par les journalistes et en oubliant la démarche scientifique. Bacar Achiraf nous démontre qu'on peut faire les mêmes erreurs en étant originaire du pays.

En lisant cette introductionn, je me suis dit : Encore un qui a été illuminé par le cours sur l'importance des archives orales en Première année de fac ! Pourquoi s'embêter à faire des recherches à l'université (passer quatre ans hors de chez soi en ce qui cocnerne Bacar Achiraf) et continuer à enseigner aux jeunes ce qu'on a appris, pour après cela dire : la méthode, la scientificité de la démarche ne sert à rien, mieux vaut garder nos traditions orales, il n'y a rien de mieux, mais pardonnez-moi, pour cette fois je vais quand même écrire un livre pour fixer l'oral. Et donc nous, nous devons nous contenter de ce qui est dit dans la rue et ne plus appliquer des règles scientiques. Cela me rappelle un Président qui disait que peut-être que les Africains n'étaient pas faits pour appliquer la démocratie. Chacun ses moeurs, même quand elles ne sont pas... sexuelles.

Désolé, mais les règles scientifiques doivent rester les mêmes partout. On peut dire qu'on privilégie une source particulière, mais cette source ne peut pas permettre de se défaire des règles appliquées par tous dans le monde entier, et avec comme seul argument qu'on est Maorais.

En réalité, comme on a pu l'observer pour d'autres chercheurs comoriens, pour Bacar Achiraf la méthodologie et la démarche scientifique sont trop durs à assumer, alors il vaut mieux se réfugier dans ce qu'on dénomme (pour se faire plaisir) "l'authenticité de l'autochtone". Le brave homme !

Alors qu'est-ce que notre Maître a trouvé et qui est particulier aux Maorais en matière de pratiques sexuelles ? Rien de nouveau. Rien de particulier à Mayotte : des collègues qui s'ennuient au bureau et qui s'amusent un peu, la maladie d'amour (ou le ngoma comorien), des jeunes qui se retrouvent dans des cabanes, les nymphomanes, le rôle de la religion, et des tas de considérations qui peuvent être considérées comme hors-sujet : le salut, le grand-mariage et les autres formes de mariage, les canons de la beauté. Des banalités qu'on retrouve ici et là, et dans le monde entier.

Heureusement, le livre est très simple à lire et l'auteur a beaucoup d'humour, même parfois involontairement. 

 

  

14.02.2006

Les flammes de Hamouro

Salim Hatubou, Hamouro, L'Harmattan, coll. "Lettres de l'Océan Indien", 2005

 

Un fait divers récent a titillé ma mémoire. Il s'agissait d'un Maire, d'une petite ville en Alsace, Ensishem pour être plus précis. Il avait attendu que les gendarmes viennent chercher des gens du voyage (comme on le dit pudiquement par ici) installés dans des caravanes sur des terres de la ville pour mettre le feu à tous leurs biens personnels. Il s'est trouvé un procureur de la République pour rappeler à cette occasion qu'un tel acte est illégal, et que le Maire en question risquait jusqu'à 10 ans de prison et je ne sais combien d'euros d'amende.

Est-ce une technique qu'on apprend à "l'Institut de Formation des Maires" et que certains appliquent avec méthode ? C'est une question que je me pose depuis, car il m'est revenu que le 27 octobre 2003, dans un petit village de Mayotte (île comorienne toujours sous administration française), le Maire avait profité du fait que tous les hommes étaient embarqués par la gendarmerie française afin de contrôler leurs papiers d'identité pour mettre le feu à leurs maisons. Il ne s'est trouvé aucune autorité sur place ou dans les chancelleries à Paris, même pas Baroin pour rappeler la loi. Là-bas, les Comoriens des trois autres îles sont considérés comme des étrangers, et des "clandestins" au regard de la loi française et contrairement à la loi internationale. On peut tout faire contre eux, depuis des lustres les autorités ferment les yeux. Il paraît que l'affaire est toujours en cours, mais sous les tropiques les affaires mettent beaucoup plus longtemps à arriver devant un juge et je parie que l'affaire d'Ensishem sera jugée avant celle de Hamouro qui s'est produite deux ans et demi auparavant. Peut-être même que le dossier entre temps aura été mangé par les rats. C'était ainsi sous la colonisation : la loi, même la loi universelle, ne s'applique pas aux indigènes comme elle s'applique aux Français.

Cette dernière affaire, acte barbare et qui n'honore pas l'administration française qui gère cette île et parle même d'en faire bientôt un DOM, est le sujet du dernier roman de mon ami Salim Hatubou : Hamouro, paru aux éditions de L'Harmattan en décembre 2005.

On commençait à s'habituer au nouveau style de Salim devenu conteur. Le moins que l'on puisse dire c'est que Hamouro est un roman dur. L'écrivain franco-comorien reprend un style de dénonciation, moqueur et même parfois blessant pour parler de cet événement. Même un lecteur fidèle des écrits de cet écrivain est parfois surpris par la dureté des propos et des actes décrits. Il a beau parsemé son roman de poésies issues de la tradition orale des quatre île, cela n'y fait rien, ce roman n'est pas fait pour les âmes sensibles. Il reflète la colère de l'écrivain qui a déjà fait plusieurs séjours dans l'île à la rencontre des enfants. Colère après cet acte barbare, mais aussi après les mouvements qui ont été provoqués dans l'île par les propos de notre ministre des Colonies sur le droit du sol à Mayotte.

Pourtant, tout commence comme dans un conte de fée avec un clin d'oeil au dramaturge maorais Nassur Attoumane qui a écrit une pièce sur les deux anges qui dans la tradition islamo-comorienne sont sensés interroger les morts avant la décision de les envoyer en enfer ou au paradis. Mais dans ce roman, il n'y a pas d'anges, seulement des brutes sans pitié qui ont pour noms Hitler, Mussolini, Pol Pot, Grand Administrateur, le Maréchal Kétain, Grand chef Toubab, Grand Chef Nègre et autres Vieux Chef Nègre Mobutway'mana, toute ressemblance avec des personnages de la vie publique maoraise étant simplement fortuite.

En face des brutes, il y a des victimes, des gens "sans papiers" dans le monde du Blanc, dès le départ fragilisés, fuyant la misère et l'anarchie et vivant un véritable enfer, considérés comme des clandestin chez eux. Situation sans autre issue que la mort. C'est d'ailleurs au moment où celle-ci arrive que le terrible Hitler reconnaît ses liens avec les autres Comoriens puisqu'en France métropolitaine, il est, comme tout nègre, victime d'une autre haine, celle des vrais fachos, et une fois mort la communauté l'accueil comme un de ses enfants et rapatrie son corps afin qu'il oit enterré dans son île.

A lire et à méditer avant que l'enfer ne s'installe dans notre archipel. 

20.01.2006

L'habitat en question à Mayotte

Mieux vaut tard que jamais. Après 160 ans de colonisation, de spoliation de terres, de travail forcé dans les champs, d'esclavage plus ou moins déguisé sous le nom d' "engagisme", puis d'achat des terres par des fonctionnaires métropolitains qui gagnent à Mayotte au moins deux fois leurs salaires en France, il était temps ! 

Enfin l'Etat colonial se pose la question de l'évolution de l'habitat pour les autochtones de cette île comorienne encore sous administration française. En effet, le manque de terre dû au desordre qui règne dans ce domaine, aux achats par les riches "étrangers" et à la démographie, mais aussi, il faut le reconnaître, la recherche d'une amélioration de l'habitat ont poussé l'Etat français et le principal promoteur immobilier de l'île à se poser la problématique du modèle à suivre. N'importe quel quidam débarquant à Mayotte perçoit immédiatement le danger qui guette les Maorais dans ce domaine. Je m'en suis rendu compte lors d'un passage dans l'île en 1997. Allait-on reproduire dans cette île comorienne un modèle qui a montré ses insuffisances en Europe, en construisant des grands ensembles pour faire face au manque de terres et à l'installation oppressante de la société de consommation ?

La vie dans des barres d'immeubles est-elle compatible avec la vie d'un Comorien ? Comment croire qu'un Comorien, même de Mayotte, peut se passer de sa petite cour intérieure, de sa terrasse (ou baraza), etc. et se contenter d'un appartement dans un immeuble ?

Le livre de Monique Richter (Quel habitat pour Mayotte ? Architecture et mode de vie. L'Harmattan, octobre 2005) est un livre de commande, comme elle le rappelle dans l'introduction : "Les pouvoirs publics et la SIM [Société immobilière de Mayotte] nous demandent alors [en 2000] de faire le point sur cette évolution".

Monique Richter fait un rapide résumé de l'histoire de l'île, en réussissant à ne pas parler des Comores (sauf deux références et uniquement pour dire que Mayotte se sépare de ses îles soeurs). Après cela, elle présente d'une manière plus claire la situation socio-économique de l'île, devenue collectivité départementale, et aborde d'une manière intéressante les aspects démographiques.

C'est avec beaucoup de sérieux et d'humilité qu'elle a mené ses enquêtes auprès des Maorais pour comprendre non seulement comment s'organise la maison maoraise, mais aussi comment les femmes et les hommes des Comores font vivre leurs demeures. Le livre est ainsi truffé de nombreux plans, photos et même de témoignages qu'elle a dû recueillir pendant des heures et des heures d'écoute. Je sais de quoi je parle, et cela doit être encore plus difficile à Mayotte où la méfiance envers le Mzungu semble plus marquée qu'à la Grande-Comore par exemple. Elle n'a pas traduit, elle a transcrit les idées.

Et ces témoignages sont très édifiants sur les intentions de ses commanditaires mais aussi l'évolution de la société. Exemple, au hasard :

"Le logement collectif

Monsieur E n'est pas contre le logement collectif. S'il devait habiter dans du collectif, il souhaiterait habiter en rez-de-chaussée. Il voudrait que ses voisins soient des membres de la famille, qu'il habite en collectif vertical ou horizontal.

Nous retiendrons donc que :

Monsieur E habite dans une maison en dur de neuf pièces appartenant à son père.

La cuisine se fait sur un rechaud dans la cour. On mange sur la véranda à l'arrière de la maison. Il y a des sanitaires à l'européenne et des sanitaires traditionnels".

Puis on se rend compte que "Monsieur E" est un élève :

"Monsieur E fait ses devoirs dans sa chambre. Il est plutôt dehors dans la cour, sinon il est dans sa chambre.

Monsieur E souhaiterait avoir une maison à l'européenne avec cuisine et sanitaires intérieurs. Il y aurait des vérandas où l'on irait quand il fait chaud. S'il ne fait pas chaud, Monsieur E serait plutôt à l'intérieur de la maison. La cuisine serait uniquement utilisée pour la préparation des repas.

Monsieur E ne voudrait pas habiter dans la maison de sa femme, "ce serait la honte". Monsieur E ne souhaiterait pas habiter avec sa belle-femme."

Rêves de colons à la portée des colonisés ou simplement rêves de colonisés ?

 

 

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