20.08.2007
Les Jeux des Iles de l'Océan Indien
Les jeux des Iles de l'Océan Indien (JIOI) ont pris fin hier. Cette année, ils se déroulaient à Madagascar.
Les sportifs comoriens ont recueilli plus de médailles que jamais (21 au total dont une d'or, c'est le double des médailles gagnées en 2003).
Même pour ces Jeux, le gouvernement comorien a montré, encore une fois, l'incohérence qui règne au sommet de l'Etat. Le président Sambi a été parmi les premiers à critiquer la décision du colonel Azali de permettre à l'île de Mayotte de participer, à part entière, à ces Jeux. C'était fin 2005, à quelques mois des élections présidentielles. A quelques jours de l'ouverture des Jeux le gouvernement comorien a annoncé que les Comores allaient boycotter les Jeux et n'y particieperaient pas. Quelques semaines après, c'est par la bouche du porte-parole du gouvernement, Abdourahim Saïd Bacar, que nous apprenions que finalement les sportifs comoriens se rendraient bien aux Jeux des Iles. Mais quelques semaines plus tard, en visite à Paris, le Ministre des Relations extérieures, Ahmed ben Saïd Jaffar, confiait à des membres de la diaspora réunis à l'Ambassade des Comores que la participation comorienne ne serait que symbolique à Madagascar, que les sportifs comoriens ne feraient qu'acte de présence. Et voilà que le jour de l'ouverture, c'est le président Sambi lui-même qui a conduit la délégation comorienne à Madagascar et au vu des luttes et des résultats obtenus, les sportifs comoriens n'ont pas fait que participer !
Je fais partie de ceux qui disent que maintenant il est trop tard ! On ne peut plus refuser à nos frère maorais la participation à ces Jeux. Le colonel Azali a fait des mauvais coups aux Comoriens, il faut maintenant les assumer. Depuis toujours, Maurice, Seychelles et Madagascar nous ont soutenu sur la question de la participation de Mayotte aux Jeux au sein de l'équipe comorienne ou au sein de l'équipe réunionnaise (qui n'en veut pas). Mais, c'est le gouvernement comorien lui-même qui a demandé à ses partenaires de revenir sur leurs décisions et d'accepter que Mayotte (sans hymne et sans drapeau) participe seule à ces Jeux. On ne pouvait plus enlever cet espoir à nos frères, sauf à vouloir approfondir les ressentiments. Rejetés par les Réunionnais qui n'en voulaient plus dans une équipe de "France de l'Océan Indien", il était difficile d'accepter que ce soit les Comoriens qui rejetent des sportifs maorais qui se préparent depuis plus d'un an. Cela aurait été une humiliation pour eux, après les paroles blessantes qu'ils ont subi de la part de la délégation réunionnaise en 2003. Reste maintenant à faire en sorte que le gouvernement actuel n'accepte pour les prochains Jeux une participation de Mayotte avec le drapeau et l'hymne français. Ce n'est pas encore gagner vues les tergiversations de ces derniers jours.
Pendant ces Jeux rien ne m'a plus frappé que l'attitude et le sentiment de supériorité dont ont fait preuve certains journalistes et dirigeans réunionnais. C'est peut-être la délégation qui a eu le plus d'argent, le plus de moyens, le plus de facilités d'entrainement, cela devrait la rendre plus humble ou au moins plus sportive. Pourtant, même certains membres de cette délégation ont oublié ce qu'était l'esprit sportif.
A l'issu du match de volley-ball, la Réunion a battu les Comores trois sets à zéro. Un certain Lukas Garcia écrit alors dans le Journal de L'Ile (JIR) du 11 août 2007 : "Pas facile de jouer au volley ball contre un adversaire franchement inférieur. Les Réunionnais en ont fait la demonstration face aux Comoriens pour leur premier match de la compétition". Pourtant, les Comoriens dont le volley n'est pas encore un sport de prédilection se sont défendus, mais cela ne provoque que plus de condescendance de la part de ce pseudo journaliste qui poursuit dans le mépris de l'adversaire : "l'ampleur du score est peut-être moins large que prévu...".
Jamais il ne daigne donner la parole à un joueur, un dirigeant ou même un supporter comorien pour exprimer son sentiment sur le match. Il en sera ainsi pour pratiquement tous les articles que j'ai lu (de moins en moins je dois le dire). Il n'y avait que les sportifs réunionnais sur le terrain pour ces journalistes.
Heureusement, un joueur de l'équipe réunionnaise (Fabien Vergoz) rappelle ce que doit être le sport et le respect de l'adversaire : "Nous savions que les Comores nous étaient inférieurs mais nous ne les avons jamais pris de haut".
Le même jour les Comores font match nul au football face à l'équipe réunionnaise (qu'aucune équipe n'a réussi à battre pendant les Jeux). Cette fois, c'est un certain Mickaël Payet qui s'écrie dans le même numéro du JIR : Forts d'une préparation digne d'une équipe nationale, ils n'avaient pas le droit de se louper. Surtout face aux Comores". Il reprend la même idée plus loin : "Certes, ils se sont donnés sans compter (...) mais difficile de se cacher derrière cela, surtout lorsque l'adversaire n'est autre que les Comores".
Dans les mêmes colonnes, le Président du Comité Olympique réunionnais (?), Yves Ethève en rajoute : "On s'est donné les moyens pour bien entrer dans la compétition. Au bout du compte, on est tenu en échec par une équipe qui ne s'est pas préparée et qui n'a aucun jeu".
Mais pour qui se prennent-ils ? Si les Comoriens pouvaient bénéficier de la moitié des subventions qu'ils reçoivent du contribuable français, il est certain qu'ils auraient plus de médailles que les Réunionnais.
Alors, on croit que le sarcasme des Réunionnais est uniquement dirigé contre les Comoriens ? Non, pendant tous les Jeux, les journalistes et les dirigeants de cette île se sont donnés à coeur joie contre les arbitres, surtout lorsque leurs joueurs perdaient. Il semble même qu'un dirigeant a envisagé de faire partir la délégation avant la fin des Jeux. Mais pour qui se prennent-ils ? Le centre du monde ?
Pour le JIR, il suffirait de mettre uniquement des arbitres réunionnais (les meilleurs cela va de soi !) et tout irait mieux : " L'arbitrage a été loin de faire l'unanimité [il faut comprendre au sein de la délégation réunionnaise] lors de cette première journée de compétition où l'organisation aurait été bien inspirée de faire confiance aux sifflets réunionnais". Pour ce journal, les arbitres malgaches et mauriciens ont désavantagé respectivement la Réunion et Mayotte (en laissant supposer une solidarité entre les deux îles). A pleurer de rire !
Le JIR se pose des questions sur les compétences des arbitres des autres délégations, on peut nous aussi nous demander si un journal comme celui-là est obligé d'envoyer dans une rencontre aussi importante pour les pays de la région des journalistes aussi ignorants de ce qu'est l'esprit sportif, le respect de l'adversaire quel qu'il soit et dont les propos frisent parfois le racismeracisme dont les Comoriens (particulièrement les Maorais qui se veulent Français) subissent tous les jours à la Réunion ?
Dans tous les cas, en voyant la fierté de ces athlètes comoriens qui soulèvent le drapeau des Comores, je me dis qu'au final le pays a bien fait de participer à ces Jeux et que le sport ne peut que contribuer à développer la conscience nationale.
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25.06.2007
France Info
J'adore France-Info. J'ai l'impression que j'ai toujours écouté cette radio. Elle vient d'avoir 20 ans. Passionné d'infos, de politique et d'économie, j'y trouve largement mon compte. Je me réveille avec France Info, et avant d'aller à la douche, j'écoute au moins les titres. Dès que je rentre dans ma voiture, le matin, je sais que j'ai une demi-heure avec l'information. Le soir en revenant, j'ai encore une demi-heure pour prendre des nouvelles de ce qui s'est passé pendant que je travaillais. C'est le début du repos avec des rubriques passionnantes.
Parmi les journalistes spécialisés dans l'actualité, il y en a une que j'adore particulièrement : Julie Bloch-Lainé (le haut-fonctionnaire doit être son grand-père). Elle est jeune, appliquée comme une novice et surtout, je crois avoir été pendant un certain temps sur le même banc qu'elle dans un cours sur l'Europe à la Sorbonne. La première fois j'ai été surpris. Je me rappelle de ses débuts : je sentais sa peur et j'avais peur avec elle. Maintenant, elle est parfaitement à l'aise, bien qu'on ne l'entende plus beaucoup. Est-elle en train de passer ailleurs ?
J'aime tout à France-Info, sauf peut-être la météo, qui reste pour moi quelque chose de visuelle.
La littérature, les mots ? Il n'y a que cela. Tiens, depuis quelques mois le reporter Patrick Fandio tiens sur France Info une rubrique intitulée "En français dans le texte". Il explique un mot, sa naissance, les contextes, etc. ou demande à une célébrité son mot préféré. Ce n'est pas évident comme émission. D'autres en font ou en ont déjà fait, notamment sur RFI (eh oui, je fais quelque fois des infidélités à ma radio préférée). Mais l'émission de Fandio est une réussite, un régal. J'y apprends énormément de choses.
Les émissions sur la littérature ou les mots sont légion à France-Info. Récemment, j'ai fait un décompte... j'ai été agréablement surpris. Il y a par exemple "La vie des mots" de... je ne sais plus qui. C'est un peu comme Fandio, mais c'est différent. C'est plus d'actualité. Il y aussi "Le livre du jour", Philippe Vallet. Le même fait aussi "Les livres du monde" le week-end, et c'est dommage car je n'ai pas beaucoup d'occasions de l'écouter. Mes préférés parmi les rubriques culturelles restent et depuis très longtemps les deux émissions d'Emmanuel Davidenkoff. Il faut entendre ce nom et puis laisser sa voix vous transporter. Soit il présente un livre sur les enfants ou pour les enfants ("Les enfants du livre"), soit il laisse un auteur parler de son livre ou parfois d'une tendance dans l'éducation ("L'info éducation"). Passionnant. Je ne crois pas avoir acheté un seul livre après l'avoir entendu, mais qu'est-ce qu'il a souvent titillé mon cerveau d'éducateur ! Emmanuel Davidenkoff.
Mais, pour moi, la meilleure chose que la direction de cette radio ait faite c'est d'avoir enlever Gérard Roux de l'info pour le mettre à la musique (lol). Il y en a des rubriques musicales dans cette radio ! "Musique de films" ou les "Tendances". Mais Gérald Roux, c'est un peu comme Emmanuel Davidenkoff. C'est une voix. Et je ne vous apprendrai rien en vous disant que la voix est le visage de la radio. Gérald Roux a une voix, et il l'utilise comme un charmeur en face d'une femme. Je suis persuadé que les musiciens qu'il interviewe tombent tous sous le charme. Il a deux rubriques "Tendances rock" et "Info Musique". Le novice pourrait facilement croire qu'il fait toutes les rubriques musicales de cette radio car aucun genre musical n'est oublié dans "Info Musique" : du flon flon à la française comme dirait l'autre au raï, il aborde tous les sons, rencontre tous les musiciens qui font l'actualité. Et avec une humilité incroyable. Ce n'est pas le genre de gars qui va vous débiter tout ce qu'il sait sur un tel ou un tel, sur tels aspects de tels genres, non, il vous laisse découvrir puis avec deux ou trois questions simples amène un musicien à vous ouvrir son coeur. Et vous comprenez tout.
En ce qui concerne la politique, je crois que c'est un des médias qui reste très correct sur le point de vue de l'équité entre les candidats aux diverses élections. Au moment des présidentielles, chacun y a été reçu avec la même chaleur. Même ceux qu'on a appelé les "petits candidats". Qui étaient reçus à la télé comme si on leur faisait l'aûmone.
Depuis ces élections, une nouvelle rubrique est apparue (pourvu qu'elle dure). Elle voit s'affronter deux journalistes, l'un de Libération (il défend la gauche et particulièrement le PS) et l'autre du Figaro (il défend la droite et particulièrement l'UMP). Même dans leurs attitudes, ils correspondent exactement à ce qu'on peut attendre des personnages qu'ils jouent : Joffrin est un passionné qui gueule comme un prolo, Beytout est calme et posé comme un bourge. C'est de la caricature, je sais. Je les aime tous les deux. C'est super ! Les gars sont comme deux potes, assis dans un café. Ils ne sont pas du même bord politique, chacun sait qu'il ne réussira jamais à convertir l'autre et ils se lancent des arguments (parfois tordus, mais c'est la passion du débat qui veut ça) jusqu'à ce que l'heure arrive. On devine alors qu'ils boivent leurs verres et s'embrassent en se disant "à la revoyure !". C'est saint et très enrichissant. Quelle bonne idée. Il faut que ça dure.
Je pourrais vous en parler pendant des heures de France-Info. J'ai failli oublier les rubriques "sciences" et ça me rappelle que je n'ai pas entendu depuis un moment le sens de l'info avec avec Michel Polaco et Michel Serres. J'aurais pu aussi vous parler histoire avec Yves Coppens. Et là je n'aurais eu aucun mal à vous convaicnre que France-Info est une encyclopédie vivante et constamment actualisée.
France-Info, c'est un peu comme avec ma bibliothèque. J'ai parfois l'impression d'avoir un tas d'amis avec lesquels je me retrouve parfois et qui me surprennent à chaque fois et qui m'apprennent beaucoup de choses, de par leurs différences d'abord : Marie-Odile Monchicourt, Laurence Jousserandot, Jean-Pierre Laborde ("A la Une de la presse", très utile le matin, surtout qu'on n'a plus le temps de lire le papier), Ilana Moryoussef (la voisine de la Réunion), Olivier de Lagarde, François de Witt (si vous avez des problèmes d'argent, il peut peut-être vous aider), Henri Lauret, Sylvie Johnsson, Bernard Thomasson, Emmanuel Langlois, Frédéric Gersal (pour apprendre à cultiver votre jardin), Thierry Beaumont... Comment ne pas en oublier ?
C'est un plaisir de voir que "public" ne rime pas toujours avec "copie mal réussie du privé".
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09.10.2006
En attendant l'hiver
J'ai enfin tondu la pelouse aujourd'hui. Du moins une grande partie. Cela fait longtemps. Il pleuvait tout le temps ces derniers temps. Ce dimanche il y avait du soleil, mais un de mes voisins recevait toute sa famille et j'ai voulu le préserver du bruit de la tondeuse.
Cet après-midi, il n'y avait que les agents d'entretiens de la voierie dans le village. J'en ai profité.
La pelouse, il faut me croire, c'est aussi un moment de repos. Presque deux heures de tondeuse, et j'ai maintenant en tête une communication que je dois donner bientôt. Il ne me reste plus qu'à m'asseoire et à l'écrire, avant de tout oublier.
C'est peut-être la dernière fois que je tonds avant l'hiver (sauf si le temps me permets d'y retourner ce mercredi). A présent, l'odeur de l'herbe se mèle au parfums des pommes qui macèrent au sol et des quelques roses qui résistent. J'ai envie de rester plus longuement dans le jardin. Mais c'est impossible. Brrrrrrrrrrrr.
La réserve de bois est prête depuis le début du mois de septembre. Dans quelques jours, le ramoneur se mettra au travail. Nous nous réfugierons dans le salon, et pieds nus, nous laisserons le feux remonter dans nos coeurs. Et le sommeil venir peu à peu. Ce sera le temps de l'hibernation.
19:10 Publié dans Extra_ordinaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.10.2006
Ma tante
J'avais une tante, ce n'était pas vraiment ma tante, c'était la femme d'un de mes oncles, celui que j'admire le plus. Il est menuisier, adore son métier et forme des jeunes au travail du bois depuis très longtemps. Autrefois, comme une bonne partie de ma famille, il avait cru à la révolution, et avait fini par s'engager pour partir en Tanzanie pour une formation militaire. C'était le temps des mapinduzi. Il n'eut pas le temps de revenir, Bob Denard, à la solde de la bourgeoisie comorienne avait commis son premier coup d'Etat et permis la restauration et la dictature. Revenu de Tanzanie, mon oncle fut imméditement mis en prison... mais c'est une autre histoire.
J'avais une tante, j'avais tout le temps l'impression, en parlant avec elle, qu'elle avait le même âge que moi. Pourtant, elle devait avoir un peu plus de quarante ans et cinq enfants. Elle riait tout le temps, racontait des histoires cocasses et j'aimais sa compagnie. J'ai compris, bien plus tard, qu'elle aussi employait l'humour comme une couverture. Femme de la brousse, d'un petit village perdu dans le Washili, sur la côte-est de la Grande-Comore, par son mariage avec mon oncle, elle avait contredit la stratégie d'une partie de la famille qui souhaite nous ancrer définitivement dans la capitale. Lui, il n'avait jamais oublié qu'une partie des nôtres est venue de loin. Et il est allé se marier dans ce petit village perdu, et avait poussé le cran jusqu'à amener sa "paysanne" dans la capitale. Il était resté un peu révolutionnaire.
Homme de consensus, généreux et fervent musulman, il est très apprécié par tous ceux qui l'approchent. Fervent musulman, un de ses enfants s'appelle Islam, pourtant sa femme n'avait pas de voile, et s'asseyait parmi nous pour discuter, en attendant que son mari veuille bien laisser le bois pour rentrer à la maison.
Cette femme est morte il y a quelques jours dans d'atroces souffrances, et à chaque fois que je revois son sourire, j'en suis bouleversé. J'ai été incapable d'en parler à un seul ami, mais il faut que je me libèrer un peu de ce poids.
Elle avait une voisine, une Malgache, marié à un Anjouanais et vivant sur les hauteurs de Moroni. Elle souffrait du dos, et celle-ci lui a dit qu'elle pouvait se faire soigner facilement à Madagascar et s'est proposée pour l'accompagner. Ma tante et son mari ont donc réuni l'argent. Avant de partir, elle a passé quelques jours avec ma mère de passage dans la capitale. Devant d'autres membres de la famille, et après l'avoir fait rire pendant des heures, elle a pris un air grave pour lui dire comment elle appréciait d'être dans notre famille, qu'elle n'avait jamais été autant aimé et qu'elle voulait aller apprendre le malgache !
Quelques jours plus tard, nous apprenions sa mort suite à l'opération. Je n'avais pas fini de faire le deuil que j'apprenais que non seulement elle avait vécu un calvaire avant de rendre l'âme, mais qu'en plus, faute de moyens elle avait été enterrée à Madagascar car il fallait au moins 6000 euros pour rapatrier son corps (le double d'un rapatriement à partir de la France). Pourquoi le sort s'acharnait autant contre cette pauvre femme ? Qu'avait-elle fait pour mériter une telle fin ? J'ai tout de suite pensé à sa fille et à son fils (les plus grands) : ils avaient vu leur mère partir heureuse et enjouée, et ils n'auraient même pas une tombe sur laquelle se recueillir.
Je n'arrivais pas à me réveiller. Au lieu d'un hôpital, elle se serait trouvée dans une maison, dans laquelle elle a d'abord été opérée du dos, puis quelques jours plus tard, elle a subi une tentative d'opération du ventre qui lui a été fatale. Elle a hurlé pendant plusieurs jours, et pendant ce temps, ses bourreaux continuaient à demandé de l'argent à son mari et celui-ci empruntait pour envoyer à Madagascar pour qu'on soigne sa femme. Elle serait décédée vendredi et sa voisine aurait appelé samedi encore pour demander qu'on lui envoie rapidement de l'argent.
Ce sont deux Comoriens de Mayotte, liés à une partie de ma famille vivant dans cette île qui auraient rapporté les faits, sans savoir qu'elle était de notre famille. Ils auraient même déjà envoyé des photos montrant comment cette petite femme a souffert avant de mourir. Pourvu que ses enfants ne tombent pas sur ces photos.
Je n'attends que la fin du mois d'octobre pour aller voir mon oncle et ses enfants, les serrer très fort et pleurer avec eux. Que faire d'autre ? La vie est injuste, et pourtant il faut la vivre jusqu'au bout sans savoir ce qu'elle nous réserve.
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08.08.2006
Montaigne dans les perles du Bac
Parmi les perles du Bac 2006, on trouve cette étonnante vérité :
Toute sa vie, Montaigne a voulu écrire mais il n'a fait que des essais
22:05 Publié dans Extra_ordinaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.03.2006
L'Islam, un alibi facile
Recemment, j'entendais à la radio qu'un homme qui avait violemment agressé une femme avait inscrit sur son ventre "Mohammed" faisant ainsi, sans doute, référence au Prophète de l'Islam.
Qu'est-ce que cet homme a voulu montrer ? Peut-être, a-t-il voulu par cet acte ignoble démontrer qu'il était un valeureux combattant de l'Islam ? Peut-être ! Mais qu'est-ce que la raison peut face à la folie ? Qu'est-ce qu'un homme raisonnable peut tirer des actes de folie ? Rien, sinon qu'il faudrait soigner les fous quelle que soit la religion dont ils prétendent appartenir.
Qu'est-ce que l'opinion publique en Europe a pu penser ? Préparée par une frange minoritaire mais efficace parmi ceux qui ont droit à la parole, cette opinion publique a tendance à conclure trop rapidement que l'Islam est une religion de violence, et que ceux qui agressent, tuent et se prétendent musulmans ne font qu'obéir aux préceptes de l'Islam. C'est aller vite en besogne, et même c'est faire preuve d'ignorance au moins et au plus de malveillance à l'égard de cette religion qui condamne toute contrainte, particulièrement dans la diffusion du dogme.

Autrement dit, il n'y a que ceux qui, a priori, se sont convaincus et depuis longtemps que l'Islam est une religion de la violence qui peuvent croire à l'honnêteté de criminels qui prétendent se battre pour Dieu. Il y a un véritable danger d'enfermement des individus dans leurs communautés respectives, car certains intellectuels européens, et particulièrement français, se sont créés un monde imaginaire dans lequel il y a un "choc des civilisations" ou même une "guerre des civilisations" dans laquelle la religion à abattre est l'Islam. Ils oublient ainsi que la grande majorité des musulmans sont leurs voisins, et qu'ils pratiquent leur religion dans la discrétion, acceptant depuis des dizaines d'années de prier dans des salles au bas des immeubles et même dans des caves, alors que d'autres institutions religieuses, contrairement à ce que pensent les plus grands laïcs de France sont subventionnées et soutenues par l'Etat. Faut-il rappeler que Huntington n'a pas de voisins musulmans ?
Alors à chaque fois qu'un individu avec un nom à consonnance arabe commet un crime ou un délit, il faut qu'un de nos intellos passe à la télé ou à la radio pour mettre ce crime ou ce délit sur le dos de l'Islam.
Les Palestiniens utilisent la violence pour faire face à une violence beaucoup plus écrasante et inhumaine ? C'est la faute au Coran.
Youssef a participé à des actes barbares ? C'est la faute au Coran, même si le même Youssef ne sait pas lire l'arabe du Coran.
C'est à peine si on ne dit pas qu'Ismael qui a tué une personne à bord de son bolide sur l'autoroute ne l'a pas fait au nom du Coran !
Qui gagne dans tout cela ? Les criminels, qui peuvent ainsi faire croire que leur voie est conforme à l'Islam alors qu'il s'agit le plus souvent de politique ou simplement d'actes repréhensibles par la loi.
Que Dieu nous préserve de la folie des guerres de religions !
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03.01.2006
Pères-noël
Je crois que cette année, il y avait une promotion sur ces gagdets en forme de père noël qu'on accroche aux murs des maisons et des bâtiments, au dessus des fenêtres. Mon quartier en est envahis, à tel point qu'on dirait une opération militaire visant à contrôler toutes les maisons des environs.
Vous allez dire que je suis parano, mais je ne me fais pas à un tel décor, à un tel unanimisme dans le décor.
Je trouvais déjà cela ridicule avant noël, des barbus en rouge qui escaladent les murs de mes voisins, mais une semaine après le 25 décembre si l'opération n'est toujours pas terminée, c'est qu'elle a échoué. Doit-on laisser ces pères-noël en place jusqu'au prochain 25 décembre au risque de les faire mourir de chaleur lors de l'arrivée du printemps ?
Sans parler de la déception pour les principaux concernés qui voient tous les jours les pères-noël sur leurs maisons mais ne reçoivent pas de cadeaux supplémentaires.
S'il vous plaît, chers voisins, si vous tombez par hasard sur ce post : enlevez ces pères-noël des façades de vos maisons pour que notre quartier perde ce côté martial qu'il a pris depuis le mois de décembre.
Je comprends votre volonté de prolonger la fête, mais noël c'est noël, après ce n'est plus noël.
23:13 Publié dans Extra_ordinaire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.12.2005
Parabole du nouveau discours amoureux
- En te voyant tout à l'heure, j'étais certain que tu sortais d'une histoire d'amour. C'est étrange, les entrées comme les sorties se ressemblent : joie et douleur, on sort d'une prison pour entrer dans une autre.
- C'est vrai. Et toi t'a été mariée ?
- J'étais avec un gars, un anglais, il veut revenir... j'attends voir. Histoire de le faire souffrir un peu. C'est comme ça l'amour mais franchement...
- Tu attends voir ?
- Tu peux prendre les patins avec...
- C'est quoi les patins?
- Je ne sais pas d'où viens cette expression.
- Comme je te disais, je connais un collaborateur de Villepin... Il lui a parlé de moi. Le directeur devrait m'appeler... c'est OK. S'il y a une place dans un téléfilm je penserais à toi.
- C'est du blabla ?
- Non, c'est sérieux. Il lui a assuré de prendre cela avec sollicitude et bienveillance
- Tu es timide, non ?
- Pourquoi tu sens que je t'envoies de sales files ?
- des QUOI ?
- des files, c'est de l'anglais ?
- comment tu dis ça ?
- des files, des ondes quoi.
- Je t'inviterai en Algérie un jour
- Inch'allah
- Là-bas dans les Aurès, les femmes te ressemblent... des yeux bridés... comme ma mère.
- Tu as dit quoi ? Les ogresses ?
- Non Aurès, A U E R, E accent aigu et S
- Ah... Moi ce n'est pas encore que je pourrai t'inviter chez moi. Avant il y avait un roi qui faisait peur à mes parents. L'actuel roi, son fils, est beaucoup plus beau et stylé, mais il me fait quand même peur.
- La musique t'es venue comment ?
- J'ai toujours fait de la musique, je veux dire que j'ai toujours chanté à la maison
- J'aime bien les cheveux noirs lisses comme ça...
- Ah oui...
- J'aime bien voir une femme en train de caresser ses cheveux ou se peigner
- Il y a eu des poèmes sur ça...
- Oui, Aragon
- Oui, Aragon et les cheveux d'Elsa Triolet
- Tu veux dire que je ne suis pas original ?
- Mais non... Petite marie, je parle de toi parce qu'avec ta petite voix tes petites manies tu a versé sur ma vie des milliers de roses....
- T'es vraiment romantique... mais timide.
- Pourquoi tu dis ça ? Et toi ? Dommage que je ne l'ai pas dit en premier...
- Qu'est-ce que t'a acheté ? Moi je t'ai montré ?
- Non, c'est des journaux arabes, algériens
- Tu lis l'arabe ?
- Non c'est en français.
- Allons prendre le café ailleurs.
- Chez moi, tu veux ?
- Non, je préfère pas, du moins pas encore.
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