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04.03.2008
La fin des palabres
Le Président de la République a indiqué que l’Armée nationale était sur le point de rétablir la normalité républicaine dans l'île d'Anjouan.
Avant cela, et comme il se doit dans toute démocratie, les partis politiques de l’opposition avaient proposé un chemin vers la pacification du pays, le fameux « plan B ». Ce plan était sans doute guidé par l’exaspération, par l’inaction depuis des mois et par l’impression que beaucoup d’entre nous ont eu d’un laisser-faire ou d’une intention de l’exécutif de laisser des pays amis ou même l’Union africaine régler à leur convenance un problème interne. Ce plan, contrairement à ce qui a été écrit ici et là, n’était pas dénué de sens. Il prenait en compte le fait que par sa passivité l’exécutif de l’Union signifiait qu’il n’était pas en mesure, que notre armée nationale n’était pas capable de rétablir la loi à Anjouan. Et certains d'entre nous pensaient que si le Président Sambi estimait que le risque d’un troisième échec de l'Armée nationale se présentait, il ne pouvait mieux faire que d’admettre la troisième humiliation de l’Etat comorien, de prendre sur lui et de mettre en pratique un plan qui, certes, nous renvoyait encore une fois vers les conférences nationales et internationales, vers les gouvernements d'unité ou de réconciliation nationale, et sans doute vers un nouveau référendum constitutionnel réaffirmant les positions des séparatistes de tous bords, de nouvelles élections nationales et régionales, en attendant le nouvel épisode qui nous ramenerait à la case "départ".
Or, il semble que depuis quelques semaines, le président de la République et le gouvernement de l’Union ont pris enfin conscience des tergiversations de l’Union africaine et des actions officieuses et nuisibles à l’unité du pays menées par certaines personnalités étrangères. Le président Sambi vient d’affirmer que l’Etat a l’intention de jouer son rôle à Anjouan, et le chef de l’Etat major, le lieutenant-colonel Salim Mohamed Amir, vient de confirmer que les soldats de l’Armée nationale sont prêts à faire leur métier et s'il le faut à donner leurs vies pour la nation comorienne.
Nous pouvons comprendre nos aînés et frères qui hésitent en se disant qu’en réalité l’armée n’est pas prête et qu’il risque d’y avoir des pertes qui pourraient venir à bout de l’Etat comorien. C’est tout à leur honneur d’oser aller à contre-courant de l’opinion la plus répandue dans l’archipel. Il ne s’agit donc pas ici de jeter la pierre à ceux qui se soucient véritablement du sort de la nation comorienne. Nous voulons juste leur dire que l’attentisme dont fait preuve l’Etat comorien depuis le traumatisme de septembre 1997 est en train de nous tuer à petit feu. Le gouvernement actuel peut faire comme le précédent : accorder tous les avantages aux séparatistes, vendre la souveraineté nationale, continuer à croire que le dialogue de sourds fait avancer les choses et ses membres pourraient eux aussi s’occuper de leurs petites affaires pendant les deux ans qu’il leur reste. Le plus difficile est de vouloir régler ce problème une bonne fois pour toutes à l’avantage de l’Etat et des citoyens comoriens.
Au-delà des réflexions nécessaires et des propositions des simples citoyens, il convient de s’interroger sur les intentions et les postures actuelles des hommes politiques qui ont apporté directement ou indirectement leur soutien au rebelle Mohamed Bacar et qui, maintenant, la main sur le cœur voudraient nous faire croire qu’ils se soucient des pertes de vies humaines.
Certes le gouvernement de Mohamed Abdallah Sambi a deçu plus d’un et sur plusieurs aspects, notamment la justice, qui ne respecte toujours pas les procédures en vigueur et entache, au moins, d'irrégularités les décisions prises.
Mais que faire ? Nous avons en face de nous un homme qui se prévaut de la force pour soumettre une partie du territoire comorien, qui à deux reprises se moque de la volonté politique de nos concitoyens anjouanais, qui refuse le verdict de la Cour constitutionnelle, qui fait d’Anjouan une zone de non-droit, qui n’hésite pas à tirer et à tuer des soldats de l’Armée nationale, qui n’hésite pas à tirer sur une foule réunie à l’aéroport de Wani pour accueillir le Président de la République, qui interdit au Président de la République et à tout membre du gouvernement de mettre leur pied sur une portion du territoire comorien, qui enlève des citoyens dans la nuit et les fait torturer, qui refuse tout dialogue dans lequel il ne pourrait pas imposer ses conditions. L'Etat peut-il se soumettre au verdict de cet homme sans en créer d'autres comme lui dans l'avenir. Quel autre Etat au monde accepterait de discuter avec un tel homme ? D’autant qu’il dit clairement qu’il n’est pas question de discuter de nouvelles élections mais seulement d’une modification de la Constitution pour que les relations entre l’Etat et les Chefs des Exécutifs soient meilleures.
Quel citoyen soucieux du sort de ses compatriotes n'entend pas ces râles qui nous viennent des interstices des containers du port de Mutsamudu et des géôles plus ou moins dissimulés à l'intérieur de l'île d'Anjouan ? Qui peut avoir peur des conséquences d'une prise en main de l'île par l'armée nationale quand il voit les conséquences de notre silence qui nous reviennent avec le lot des chairs lacérés, des membres cassés, des peaux brûlés et des photos des premiers cadavres qu'on enterre rapidement dans la honte ? Si certains feignent de ne pas le savoir, autant qu'on commence à le leur dire pour ne pas qu'ils disent qu'ils ne savaient pas demain : la torture a repris son cours à Anjouan, après quelques années d'interruption. Les bourreaux d'hier, absous par la paix "des frères d'armes" (colonels Azali et Abeid) ont repris leurs macabres oeuvres en attendant d'autres discussions sous l'égide de la communauté internationale et du pays des droits de l'homme qui leur pardonneront.
Le monopole de la violence appartient à l’Etat. Cela signifie que seul le garant des lois et des libertés dans un pays peut en user avec pour objectif unique de défendre et rétablir celles-ci là où c’est nécessaire. La violence séparatiste dure depuis maintenant plus de dix ans et toutes les voies de la négociation ont été épuisées. Les chefs séparatistes ont continué à humilier l’Etat comorien, à emprisonner des citoyens comoriens, à les torturer dans des prisons informelles.
A l'approche de la journée internationale de la femme, chacun doit se rappeler le lourd tribut payer par les femmes anjouanaises depuis le développement du mouvement séparatiste. Une mer de silence. Il y a quelques années une femme, parvenue à Moroni, a osé dire qu’elle a été victime de viol. A tout cela quelle a été la réponse du gouvernement de l'Union (dirigé alors par le colonel Azali et son Premier Ministre Ahamada Madi Boléro) ? Quelle a été la réponse du Conseiller spécial du colonel Azali, Mohamed Abdouloihabi ? Le silence. Cette femme violée (elle a été la seule à le dire clairement) a été obligée de quitter son pays, espérant qu’elle obtiendrait un soutien ailleurs. Ni enquête ni jugement n'ont été entrepris. Il ne fallait pas fâcher "le frère d'arme". Et en plus, en guise de remerciement, les putschistes lui ont fait parvenir des malettes d'argent. A-t-on alors entendu le Premier Ministre ou le Conseiller Spécial du Président Azali ? Est-ce que la morale de ces personnalités veut qu’on se taise tant que ce sont des Anjouanais qui torturent d’autres Anjouanais ? Est-ce qu’Anjouan est encore un territoire comorien ? Est-ce que les Anjouanais sont encore des citoyens comoriens ? Combien de temps, encore, allons-nous laisser cette gangrène séparatiste tuer à petit feu l’Etat comorien ? Quelle est l’autre alternative après plus de dix ans de séparatisme ?
Certains de nos frères qui désaprouvent cette intervention de l'armée à Anjouan nous demandent pourquoi le gouvernement n'est jamais intervenu à Mayotte alors que l'île a fait secession depuis plus de 30 ans ? C'est vraiment manquer de sérieux que de comparer la situation à Anjouan à celle de Mayotte, où l'Etat comorien ne s'est jamais établi depuis l'indépendance malgré les résolutions de l'ONU. Mayotte est sous administration françaises et, par la force des choses, c'est l'Etat français qui est responsable des exactions qui y sont commises. Par contre, l'Etat comorien a effectivement pris possession des trois autres îles depuis 1975, et il est politiquement et moralement responsable de ce qui s'y passe.
On pourrait continuer dans le vacarme des débats sans fin, mais il y a urgence, car des gens subissent des tortures chaque jour. Il faut donc que cesse les palabres pour qu'on entende enfin les râles des agonisants dans les centres de torture de Mohamed Bacar.
03:15 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Comores, Anjouan, Sambi, Bacar, séparatisme, tortures
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Commentaires
Oui, effectivement, les exactions anjouanaises à elles seules justifient une intervention militaire.
Ce qui m'a interpellé et qui m'interpelle encore, ce sont les motivations exprimées tour à tour par lepouvoir central!
La libération d'Anjouan? Anjouan n'est pas une île occupée, mais une île tombée sous la coupe d'un aventurier armé prêt à tout. L'île qui est occupée , c'est Mayotte! et le moins que l'on puisse dire, c'est que le pouvoir actuel n'a pas fait de la question mahoraise sa précoccupation première , sauf dans des discours electoralistes. Cela altère grandement la confiance dans le chef de l'état, surtout si l'on songe qu'il s'agit aussi de son île natale, et de la légitimité de son pouvoir, problème qui ne se posait pas à Azali dans les mêmes termes
Peu importe, l'existence de l'Union dans sa configuration actuelle est cependant en jeu.! Hélas, ce n'est pas Sambi qui argue de cet argument; lui, il déplore les humiliations subies, qui ont été personnelles avant d'être nationales et même si cela ne sert à rien, on ne peut que constater aussi les fautes qu'il a commises dans la genèse de la crise.
Personne, et surtout pas moi, dans les rangs de ceux qui s'opposent au débarquement, n'est naîf au point de croire que BACAR aurait pu être maléable à des arguments. Sambi, d'une manière logique a dit dès le début, que Bacar n'ayant aucune légitimité, il ne s'assoierait pas à une table de négociation avec lui. Partant de ce fait, ce n'est pas lui qui a négocié ( ou feint de le faire)c'est l'Union africaine et ses émissaires.Cette organisation a fait du seul problème de l'election anjouanaise sa motivation, alors que c'était le problème entier de l'application de la Constitution et des lois organiques qui était posé et que cela imposait de négocier avec toutes les forces vives et non seulement Bacar. Je crois que l'on aurait pu entamer des tables rondes avec la société civile des trois îles, avec les élus d'Anjouan, puisque c'est aussi le sort et le destin de la population anjouanaise qui est en jeu et ainsi avoir une monnaie d'echange. Cela, je le sais va paraître naîf, mais cela aurait permis de préparer avant, ce que l'on prépare pour demain. Il est illusoire de traiter de négociations les pauvres transactions tentées.
Je suis interpellé par la nature des aides que nous avons obtenues! Outre le fait que nous avons mercenarisé notre armée, ces aides ne sont pas gratuites. Parlons de la France, qui a intégré au dernier moment les préparatifs sans doute pour avoir un siège pour l'après.....on ne me fera jamais croire que cela est gratuit. On a bien vu que la soutien lybien a été échangé contre l'adhésion des Comores à la vision lybienne du gouvernemant africain. NOtre diplomatie manque parfois de réalisme et se résume à un commerce de services.
Je ne doute pas que l'exaspération populaire légitime l'intervention. Les discours officiles presentent l'autorité d'Anjouan comme seule responsable des malheurs économiques et sociaux du pays. Ils y ont leur part, certes, mais quand l'efficacité de la gouvernance actuelle devra être mesurée, je crains que tout cela soit bien loin! Cependant, comment croire que ce qui sera décidé ensuite se fera avec le peuple comorien, et que cela ne sera pas décidé autour d'une table par les vainqueurs, cela ne sera pas la première fois.
PLus important que de préparer la guerre ( il faut bien appeler les choses par leur nom), c'est de préparer l'après guerre. C'est d'autant plus facile que ce n'est pas une guerre internationale, c'est une guerre comoro-comorienne. On ne peut pas se permettre de tout casser sans savoir ce qu'on va construire et comment et avec qui on va le faire. Les convocations de notables à Beit Salam ne me satisfont pas, d'autant plus que n'y sont jamais associés des anjouanais.
Les mesures coercitives imposées par l'Union Africaine n'ont pu être mises en oeuvre, simplement parce que la volonté politique de le faire a manqué...défaut de décisions judiciaires pour bloquer les avoirs à l'étranger par exemples, etc....
J'admets que tous ces "palabres" ne font pas avancer le chmilblic,mais je constate une chose, c'est qu'on n'envisage que l'aspect militaire du problème et qu'aucune proposition (sinon de vagues intentions) ne voit le jour. C'est aussi inadmissible quand on s'apprête à demander de si lourds sacrifices à la nation! Je suppose qu'on avisera......le moment venu....comme d'habitude! Mais cependant le problème ne se résout pas à la présence d'un homme et de sa milice, même si pour le moment il semble incontournable. Le desespoir actuel de la population anjouanaise est paradoxalement pour l'instant le seul espoir qui nous reste, celui de la voir accepter ensuite des formes institutionnelles qu'elle refuse depuis 10 ans. Je crains bien que cela contribue à construire un avenir problématique.
Une fois l'option militaire choisie, je trouve pour ma part que les gesticulations actuelles sont choquantes. Elles démontrent soit que le pouvoir doute, soit qu'il accepte déliberemment de laisser la pression dictatoriale s'accentuer sur les civils qui sont la réponse aux menaces. Il s'honorerait donc d'assumer au plus vite son choix, au lieu de livrer ainsi nos frères anjouanais aux represailles.
Enfin, je persiste à penser que puisque nous avons sollicité toutes les organisations internationales dans ce conflit, il eut été judicieux puisque l'on a prétexté la menace sur notre intégrité territoriale d'introduire la question mahoraise dans les ingérences futures qui ne vont pas manquer de se produire.
Ecrit par : zaid | 04.03.2008
Merci Zaïd pour ce long commentaire. Je n'ai rien à redire. J'ajoute juste qu'en plus des exactions commises à Anjouan, l'anarchie qui règne dans cette île depuis 10 ans, sans aucun contrôle de l'Etat, doit aussi justifier l'intervention. Chacun de nous sait que cette situation a appauvri l'île et que les gens sont complètement démunis, alors que les gros bonnets autour d'Abeid hier et autour de Bacar aujourd'hui ne cessent de s'enrichir.
Ecrit par : mib | 09.03.2008
Aucune guerre, jamais ne peut-être jugée nécessaire !Il n y a qu'aux Comores que les sourires s'affichent et la propagande étalée pour en appeler à cette "connerie"....
On la justifie suivant des arguments qui cachent le véritable dessein, qui est d'asservir la démocratie chichement acquise et de consolider une autre mainmise (en plus du séparatisme anjouanais) sur les valeurs anciennement partagées par tous.
Je suis désolée mais la fin de règne du dictateur Bacar, ne signifiera pas, celle des séparatistes et du séparatisme sur cette île, mais peut-être de déplacer l'idéologie de la sessession sur toutes les autres, avec comme maîtres d'oeuvre, ceux qui font des louanges à la mort:Des Comores (Mayotte abandonnée), du libre arbitre, de toute forme de contestation.
Comme Zaid, je pense que le post-guerre doit nous alarmer; surtout, ce que l'on compte faire de nos institutions avec le fameux dialogue inter-comorien, avancé par Bacar et repris sous conditions par le président de l'Union.
D'accord dans ce cas là, mais il y a des conditions à cette hypothèse de nouvelle table ronde entre comoriens:
-On ne change pas la durée du mandat présidentiel
-On laisse le tour à Mohéli dans 2 ans
-On décide qui participe à ce dialogue
-Quel est le contenu à discuter
-Quel calendrier
Aucune remise en cause du principe d'une autonomie large !
Pour le reste, la forme, les modalités et les résultats attendus sont discutables!
Ainsi, nous éviterons un putsch constitutionnel, qui s'il est envisagé, peut-être validé par au moins 14 groupuscules ralliés, l'AND et les citoyens abreuvés de contrevérités sur les enjeux de la crise anjouanaise
Ecrit par : sam | 13.03.2008
Salut Sam,
Content d'avoir de tes nouvelles !
Je suis étonné de voir que quelqu'un comme toi qui connaît l'histoire du monde et particulièrement les drames vécus à cause du refus inconditionnel de la guerre puisse écrire au XXIe siècle : "Aucune guerre, jamais ne peut-être jugée nécessaire !". Comme d'autres, j'ai e le tort de croire que certaines valeurs (notamment la démocratie) méritent qu'on se batte jusqu'à la mort pour elles. C'est ce qui est en jeu dans la crise anjouanaise : peut-on continuer à refuser la guerre par principe en laissant des tortionnaires continuer à faire souffrir nos frères et à les exécuter sans tenir compte ni de la justice ni du minimum d'humanité ?
Quant au reste de ton message (l'après guerre), je manifeste les mêmes inquiétudes que toi sur l'équipe de Sambi qui risque de vouloir prolonger leur pouvoir. Mais c'est autre chose, faisons en sorte dès maintenant que cela ne soit pas possible, mais ne fermons pas les yeux sur les exactions commises par les milices de Mohamed Bacar.
Ecrit par : mib | 13.03.2008
Mon cher MIB,
Jusqu'à ce jour dans l'histoire du monde, des guerres il y en a toujours eu, il y en aura encore.Et les guerres tues ou refusées, ne sont pas des guerres...Et les dictatures ou les démocraties ne naissent pas de la guerre, mais des institutions et des hommes qui font ou ne font pas la guerre.Une démocratie ne naît pas par la guerre; je suis désolé, la démocratie a enfanté d'Hitler ( si tu songes à Munich).La guerre a défait Hitler.
Je n'apporte rien au débat sur la démocratie, lorsque je soutiens que l'Europe qui au nom de la démocratie a combattu le nazisme, brimait à travers la colonisation, les peuples non européens et l'URSS, qui a pris Berlin, n'était pas un champion de la démocratie.Le raccourci accusatoire qui veut me faire passer pour un anti démocrate, car opposé à l'assaut meurtrier sur une partie des Comores, par des Comoriens, pour faire une démonstration militaire, Non!
En l'espèce, les actuels combattants de la démocratie qui vont botter le fesses à Mohamed Bacar, au nom d'une idée de la démocratie, sont pour la plupart, ceux qui au nom d'une autre vision de la liberté, ont pris l'île en otage, jusqu'à recemment.Et ceux, armés qui ont brisé la démocratie aux Comores, à travers l'histoire politique de notre pays, qui ont collaboré avec les mercenaires, composé avec l'ennemi intérieur comme extérieur, ne revêtent pas l'uniforme de la démocratie.
Il est effectivement question de pouvoir un jour instaurer la démocratie à Anjouan et généralement aux Comores, dans l'entreprise de briser le cou au séparatisme;
Il est surtout question de rationnaliser des pratiques institutionnelles aux Comores, en exigeant des autorités d'Anjouan, le respect des textes qui régissent aujourd'hui, notre pays.La fin politique de Bacar est souhaitable maintenant.Mais cela n'est pas une fin en soi, en ce qui est de ma vision de l'intégrité territoriale et de l'émergence de la démocratie.Aujourd'hui, il est l'obstacle comme hier, ce furent Abeid, Fundi Ibrahima....Tant d'élites ou d'opportunistes politiciens anjouanais, nagent dans ces eaux troubles du séparatisme....Donc, virer Mohamed Bacar ne suffit pas, si c'est pour mettre en place un qui sera pire mais bienveillant envers les colombes unionistes d'aujourd'hui, faucons séparatistes hier. Et demain?.....
Non, MIB, la démocratie n'est pas en question dans cette propagande malsaine au profit de la mort.D'ailleurs, la mort dans cette histoire, ne portera pas les habits du sang et de la destruction, car elle saura être évitée à temps:L'UA l'a déjà évitée, car ni le Soudan, ni la libye et encore moins, Moroni, n'ont de leçons de démocratie à distiller à personne.
La fin de la rebellion anjouanaise et l'éradication souhaitée de M.Bacar seraient une bonne chose, pour mieux appréhender la suite politique...Sans plus.
On nous a déjà ici traités de tous les noms, depuis que presque tout le monde est devenu RAMBO.Or,cela ne m'empêche pas de dormir.Ce qui me donne des insomnies, c'est ce qui se passera dès le premier dérapage, après la parade militaire...
Il faut vivre ce qui se passe ici, pour cerner tous les contours malsains de cette crise, entre les séparatistes de tout bord, de tout île, les ralliés récents au principe de violence pour plaire, les stratèges de la désintégration de la constitution, les en-attente de poste, les accrochés à leurs prébendes, les arrogants mercantiles, pour lesquels, ANJOUAN, est le pivot de leur existence politique.
Vois-tu, je prèfère une démocratie qui respecte les institutions à celle qui se fait avec les armes ou qui a peur des armes!
Les exactions de M.Bacar? Non seulement, je les condamne avec toute ma colère et sincérité, mais en plus, je me bats, pour que ceux qui concourent au chaos, ne confondent pas un régime à une population...Et je peux te dire que les pro débarquement acharnés (des hommes de qualité) évacuent d'un revers de litote, cet aspect qui nous plongera dans une guerre civile, plutôt que dans une ...démocratie que n'envisagent pas beaucoup de « patriotes » de l'intégrité territoriale!
Et pour finir, « mourir pour la démocratie » est juste une phrase rapide, car je voudrai vivre dans et pour la démocratie...Si vraiment, je dois en faire un axe vital!
Ecrit par : sam | 14.03.2008
Cher SAM
Je regrette que tu puisses appeler "une guerre" un rétablissement de l'ordre à l'intérieur d'un pays (même si ce rétablissement se fait avec l'aide de pays tiers).
Je suis en profond désaccord avec toi lorsque tu dis que la guerre n'a jamais installé la démocratie. La guerre quand elle est nécessaire, quand elle se base sur la justice, peut nous amener à la démocratie, comme ce fut le cas aux Etats-Unis à la fin du 18e siècle (on peut toujours dire que l'esclavage n'a pas été complètement éliminé), comme ce fut le cas pour les nombreux combats contre le colonialisme (même si on peut dire que le colonialisme n'est pas mort ou que certains en ont profité pour installer une autre dictature), comme ce fut le cas pour le combat armé de l'ANC contre l'Apartheid (même si l'inégalité Blancs/Noirs demeure dans certains domaines). Il n'y a rien de pire pour un Etat que de s'accommoder de la violence contre ses citoyens par peur d'user de la violence quand il le peut. S'interdire de prendre les armes pour la juste cause (le fameux droit à l'insurrection quand nos valeurs sont menacées) par pur pacifisme c'est se condamner à l'immobilisme et à l'acceptation de l'inacceptable (comme les tortures qui ont lieu actuellement à Anjouan).
Ce qui me gêne c'est que ceux qui refusent l'intervention de l'Armée nationale à Anjouan ne proposent rien d'autre à la place, sinon de tenter encore des négociations refusées à plusieurs reprises par Maître Bacar. Et c'est normal : toutes les possibilités de recours pacifiques ont été tentées depuis 10 ans, sans faire plier le noyau des derniers irrésistibles séparatistes. Que veux-tu ? Que l'on fasse comme Azali et Boléro ? Que pour ne pas fâcher Bacar, on le laisse piller et tuer dans l'impunité ?
Je pense que quelle que soit notre opinion sur le président Sambi et ses hommes, qui en matière de politique, de justice et de diplomatie ont montré leurs limites, nous devrions abandonner la politique politicienne pendant un certain temps. Il faut reconnaître que sur cette crise, s'il y a intervention à Anjouan, le président Sambi comme Mohamed Dossar et et Ahmed Jaffar auront fait preuve d'un courage qu'on a pas vu dans la classe politique comorienne depuis longtemps. Ce sont tous trois des natifs d'Anjouan et de Mutsamudu et ce rétablissement de l'ordre risque de provoquer des morts et des destructions que forcément l'homme de la rue mettra sur leurs comptes, aujourd'hui ou demain (c'est ce qui est arrivé à Ali Soilihi). Cela même Azali et Boléro n'ont pas osé l'assumer et ont préféré acheter le calme auprès d'Abeid et Bacar.
Donc pour ma part, si l'Armée nationale réussit à déloger les hommes de Bacar et à les traduire en justice ce sera une première. Après, il appartient à chaque citoyen comorien à travers les partis et les associations de la société civile de ne pas accepter que la Constitution actuelle ne soit détournée pour maintenir au pouvoir le Président actuel.
Cordialement
Ecrit par : mib | 21.03.2008
Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas écrit.Je suis contre Bacar et ses miliciens; donc, je suis pour leur éradication de la scène politique nationale...Ceci serait d'autant plus aisé que le chef d'état major, affirme que l'AND était à 20 mètres de Bacar, qu'il est suivi à la trace...Mais apparemment, la mission de l'AND n'est pas de capturer Bacar (et encore moins de le tuer, puisqu'il était à portée de fusil)...Mais alors, pourquoi envisager une guerre, car nous avons beau user d'épheumisme, ce qui se conçoit a toutes lea allures d'une guerre....?
On ne rétablit pas l'ordre avec des armées entières pour une petite île...Mais vois-tu, je suis même arrivé à accepter et entériner cette assertion de "rétablissement de l'ordre républicain", si l'essentiel est la fin de l'inconstitutionalité sur l'île comorienne de Ndzuwani...
Il n'est pas vain, mon cher MIb, de lire l'histoire, les faits et les projets entre les lignes; est-ce peut-être pour cette raison, que j'ai tendance à ne pas prendre pour argent comptant, ce que les politiciens comoriens disent...Il y a la connotation et la dénotation....Le comprendre, c'est s'armer contre ce que tu appelles, la politique politicienne...
Aujourd'hui, je reste convaincu que pour organiser des élections sur une île rebelle, on pouvait utiliser ""cette violence" démocratique que tu défends, sans allumer un feu, qui peut atteindre des proportions ou des portions inattendues....
Quant à la défense de la constitution, reconnaîs, qu'il sera facile de la flinguer dans la foulée, si on estime qu'elle est la cause des morts dénombrées !
En tout cas, sans être un pacifiste béat, je sais aussi qu'il arrivera un moment où pour la DEMOCRATIE (celle qui fonde notre vivre ensemble aux Comores), des troubles encore plus intenses, nous mettront face à nos responsabilités et si nous devons reprendre les armes, ce ne sera pas pour l'instaurer, mais peut-être pour la protéger.
Si l'état a le droit de se défendre contre un malfaiteur, pourquoi hésiter une seule fois, au risque
Ecrit par : sam | 22.03.2008

