17/12/2007

La Grande-Comore en 1898

eb5e9998f1860182b0dfcabe4971a206.jpgQuelle bonne idée que celle qu'a eue l'anthropologue Sophie Blanchy de publier ces belles photos du fonds Pobéquin. Elle nous offres des images saisissantes de la Grande-Comore à la fin du XIXe siècle. Au total, c'est un livre de soixante-deux photos (le fonds en comporte cent-soixante-et-onze), dont quarante deux concernent la ville de Moroni. C'est autant de cartes postales de la capitale avant qu'elle ne soit la capitale. Une modeste ville. En regardant ces photos, on se plait à reconstituer les paysages d'auourd'hui. Et la première surprise c'est l'absence de ce symbole du Moroni d'aujourd'hui la mosquée blanche. Elle est là,mais on ne la voit pas car elle était autre, beaucoup moins imposante.

Certains, même les plus jeunes, retrouveront ce puits où les femmes vont chercher l'eau place Badjanani, puits longuement évoqué par les grands-mères du centre de la ville, et même au-delà.

Lorsque Kalaweni n'était pas encore Kalaweni, c'était une sorte de plage, à quelques mètres des maisons de Badjanani et Mtsangani. Quand je pense qu'enfant, j'y plongeais des heures et des heures. Aujourd'hui rares sont les enfants qui s'y baignent, et en 1898, il devait être dangereux d'y faire des plongeons à cause des nombreux rochers. Pourtant, entre les rochers, les boutres sont là, prêts à partir affronter la mer.

Mais les photos montrent les transformations de l'île et des hommes. Les murailles sensées protéger nos ancêtres des pirates tombent peu à peu et la mer s'ouvre aux Comoriens qui partent vers les autres îles de l'archipel, et plus loin Zanzibar, Madagascar... Les autres peuvent aussi y venir, en paix, pour commercer ou conquérir.

Il y a très peu de photos des autres villes de Ngazidja, mais quelques-unes ont été prises à Mitsamihuli, Itsandra-Mdjini et Foumbouni.

Encore dans la capitale, Pobéquin a photographié les gens, aristocrates, hommes-libres et servants. Les amateurs d'histoire, passionnés par l'histoire politique de l'archipel pourront enfin mettre un visage sur le nom de Sharif Abdallah, ancêtre de quasiment tous les hommes politiques de Moroni.

Nous ne remercierons jamais assez Sophie Blanchy pour cette heureuse initiative, d'autant qu'elle a permis la numérisation de tout le fonds et que tous les Comoriens peuvent y avoir accès.

Un livre a commander chez l'éditeur KomEdit.

 

La Grande-Comore en 1898, Photos d'henri Pobéquin, textes de Sophie Blanchy, KomEdit, 2007, 101p. 

Commentaires

Salut,

Ça m'a l'air tres interessant, et je crois que vais me l'offrir, merci pour l'info ^_^

Écrit par : iliki | 20/12/2007

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Oui, je pense que c'est un livre qui te plaira car même si les photos sont en noir et blanc, tu as des scènes de vie qui peuvent vraiment intéresser une artiste comme toi. A très bientôt.

Écrit par : mib | 20/12/2007

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