28.10.2007
La liste des ennemis de l'Union
L'Etat comorien a fourni à l'Union Africaine et au reste de la communauté internationale la liste des Comoriens d'Anjouan qui sont dans l'illégalité et qui verront leurs fonds à l'étranger gélés et leurs déplacements hors d'Anjouan interdits. Au total 145 personnes, pris dans tous les domaines : dans le gouvernement, dans la classe politique (y compris les élus, maires et députés), dans l'armée et la gendarmerie, mais aussi dans l'administration (éducation, douane,...), parmi les conseillers politiques, les commercants et même certains uniquement désignés comme "sympathisants".
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'à la présidence, on s'en donne à coeur joie ! On apprécie particulièrement les listes d'adversaires depuis le passage du magistrat Abdouloihabi. On peut dire, sans aucune sympathie pour ces gens, que cette liste est abusivment trop longue et risque de produire l'effet inverse de ce qui est recherché, dans les consciences des Comoriens. En effet, élaborer une telle liste, tout en sachant que les sanctions sont assez limitées, c'est laisser les gens croire que le Président de la République n'a pratiquement plus de soutiens ni dans la classe politique anjouanaise, ni dans l'administration, ni parmi les opérateurs économiques et encore moins parmi les élus.
Et c'est sur ces derniers que je voudrais insister car je vois mal comment un démocrate peut limiter l'action d'un homme politique élu par le peuple, alors que son action ne relève pas de ce qu'on appelle généralement le crime contre l'humanité ou même contre la dignité humaine (sauf à nous le démontrer). Cela s'appelle un délit d'opinion et c'est encore plus grave quand c'est appliqué à un élu par l'Etat. Cela doit tous nous interpeller (mais aussi nous mettre en garde) contre les intentions du gouvernement après une hypothétique "libération" d'Anjouan.
On se fait plaisir à la présidence, on met ses adversaires politiques dans une liste et on ne réfléchit pas à l'effet que la longueur de cette liste peut donner. Messieurs, il serait temps d'oublier vos rancoeurs, de garder votre sang froid, surtout eu égard à ce qui nous attend dans les semaines à venir, car ce que les Comoriens recherchent c'est que les responsables de crimes et de tortures soient jugés, emprisonnés et qu'on mette hors-la-loi le séparatisme, une bonne fois pour toutes. Ce n'est pas des réglements de compte impriductifs.
Dans cette perspective, est-ce qu'une liste des gens les plus impliqués (ministres, militaires et milices) n'aurait pas suffit ?
12:00 Publié dans Extrapols | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Comores, séparatisme, Bacar, Sambi, Anjouan


Commentaires
Délit d'opinion dis tu ? C'est bien de rappeler les principes à respecter. D'autant plus que les autorités comoriennes ne sont pas des plus respectueux surtout vis a vis de leurs "ennemis" politiques. Sur ton commentaire, les mises en garde sur la ligne rouge à éviter de franchir dans cette bataille légitime contre les "traitres" à la nation je n'ai rien à ajouter. C'est le devoir de toutes les consciences. Là ou je ne te suis pas , ou du moins à ta place j'avancerai avec précaution , c'est faut il oui ou non inclure dans la liste des élus ? Pourquoi pas si ces élus sont les soutiens de la rébellion contre l'état. A ce que je sache ces élus du peuples se sont mis hors la loi .
Sur le fait que la liste est amusement longue , je partage bien ton inquiétude sur son efficacité . Moi j'y lis que si c'est vrai tous ces gens sont les premiers soutiens de la rébellion, alors on est tenté de dire que le caractère impopulaire de Bacar est à relativiser. L'opinion risque de voir ainsi plus tôt une bande de voyous minoritaires mais la grande majorité de la population anjouanaise .
Par contre les conditions de son établissements et de sa diffusion ne sont pas loin de soulever des interrogations. Quelles sont les critères pour y figurer? L'UA est elle obligé d'appliquer ses sanctions à tous ceux que les officiels comoriens auront désignés ? Qu'est ce qui garantit que dans cette liste le pouvoir n'a pas profité pour bannir des "opposants" au sens démocratiques du terme au lieux des vrais coupables visés par le comité des sanctions de l'UE ? Pourquoi alors qu'il est de notoriété publique que d'autres comoriens résidant soit à l'extérieur soit à Ngazidja, soutiennent et aident le séparatisme de Mohamed Bacar seuls figurent dans cette liste seulement des comoriens qui résident à Anjouan ?
Enfin cette diffusion pose le problème des conditions juridiques de la prise d'une telle mesure. A ce que je sache aucune consultation juridique n'est faite ? C'est le fait du prince qu'a usé le pouvoir ?Ni le parlement , ni la cours constitutionnel n'a été consulté ni associé .
Ecrit par : Marine | 28.10.2007
Délit d'opinion dis tu ? C'est bien de rappeler les principes à respecter. D'autant plus que les autorités comoriennes ne sont pas des plus respectueux surtout vis a vis de leurs "ennemis" politiques. Sur ton commentaire, les mises en garde sur la ligne rouge à éviter de franchir dans cette bataille légitime contre les "traitres" à la nation je n'ai rien à ajouter. C'est le devoir de toutes les consciences. Là ou je ne te suis pas , ou du moins à ta place j'avancerai avec précaution , c'est faut il oui ou non inclure dans la liste des élus ? Pourquoi pas si ces élus sont les soutiens de la rébellion contre l'état. A ce que je sache ces élus du peuples se sont mis hors la loi .
Sur le fait que la liste est amusement longue , je partage bien ton inquiétude sur son efficacité . Moi j'y lis que si c'est vrai tous ces gens sont les premiers soutiens de la rébellion, alors on est tenté de dire que le caractère impopulaire de Bacar est à relativiser. L'opinion risque de voir ainsi plus tôt une bande de voyous minoritaires mais la grande majorité de la population anjouanaise .
Par contre les conditions de son établissements et de sa diffusion ne sont pas loin de soulever des interrogations. Quelles sont les critères pour y figurer? L'UA est elle obligé d'appliquer ses sanctions à tous ceux que les officiels comoriens auront désignés ? Qu'est ce qui garantit que dans cette liste le pouvoir n'a pas profité pour bannir des "opposants" au sens démocratiques du terme au lieux des vrais coupables visés par le comité des sanctions de l'UE ? Pourquoi alors qu'il est de notoriété publique que d'autres comoriens résidant soit à l'extérieur soit à Ngazidja, soutiennent et aident le séparatisme de Mohamed Bacar seuls figurent dans cette liste seulement des comoriens qui résident à Anjouan ?
Enfin cette diffusion pose le problème des conditions juridiques de la prise d'une telle mesure. A ce que je sache aucune consultation juridique n'est faite ? C'est le fait du prince qu'a usé le pouvoir ?Ni le parlement , ni la cours constitutionnel n'a été consulté ni associé .
Ecrit par : Marine | 28.10.2007
Je partage les mêmes inquiétudes et les mêmes questions que toi, notamment sur le fait que certains ressortissants franco-comoriens soutiennent et depuis longtemps le séparatisme et parce qu'ils sont à l'extérieur, ils ne sont pas visés. J'en connais même un qui travaille pour l'ONU !
La longueur fait qu'on ne les prend pas au sérieux. Le pire c'est que la communauté internationale a avalisé pour ensuite se rendre compte dans quelques jours que des maires et députés élus régulièrement (en tout cas, il n'y a pas eu de remise en cause de leurs élections) y figurent.
Sur ce point sur lequel on est pas d'accord : je préfère qu'on laisse les élus s'exprimer, tant qu'ils n'ont pas commis de "crime". Pour le moment, la seule chose qu'on peut reprocher aux députés de l'assemblée anjouanaise (comme à certains conseils municipaux) c'est d'avoir publié un communiqué pour soutenir Bacar dans son bras de faire contre Sambi. C'est de la politique et il faut une réponse politique. Il en a été de même pour certains notables et conseillers municipaux qui ne figurent pas sur la liste. Il faut dénoncer d'une manière politique ces gens, mais pas limiter leurs mouvements.
Est-ce que cela veut dire que lorsqu'on entrera dans une phase plus coercitive, on va enfermer les 145 personnes ? Il faudra en plus y ajouter ceux qu'on a oublié : notables, conseillers municipaux, citoyens qui ont soutenu verbalement Bacar dans la rue. Cela fait beaucoup de monde et on destabilise l'île pendant un bon temps en le privant d'assemblée et de conseils municipaux. Sans parler de ceux qui attendent pour dénoncer tel ou tel... D'autres problèmes en perspective... Quand on est obligé de prendre de tels mesures contre son propre peuple, il faut viser l'efficacité et à mon avis ce n'est pas ce qui a été privilégié.
Ecrit par : mib | 28.10.2007
Cette liste prouve au moins une chose, c'est que Sambi confond ses opposants avec les ennemis de la Nation!!
Le moins qu'il aurait pu faire, c'est encore de justifier ses choix!
Il ne fait aucun doute que pour établir cette liste, on a fait appel à la délation, qu'on prétend avoir fouillé dans l'esprit des gens!
Cette liste est immonde parce qu'elle veut stigmatiser les choix et non les actes! Elle est inique parce qu'elle va à l'encontre de la liberté humaine, elle est l'instrument d'une volonté d'instaurer la pensée unique! Elle n'est que l'expression de la volonté d'un clan incapable de compter ses féaux.
Ecrit par : ZAID | 29.10.2007
" je préfère qu'on laisse les élus s'exprimer, tant qu'ils n'ont pas commis de "crime". je comprends ton souci de preserver la liberté de s'exprimer et d'eviter les reglements de compte .
Il s'agit tout de même de "crime contre l'etat et l'integrité " . Les elus ne beneficient pas de l'immunité comme tu le laisse penser dans tes propos.
Zaid je trouve que la charge est assez sevère je ne voix pas pourquoi tu considère que cette liste "stigmatise les choix et non les actes". Il ne s'agit pas de gens qui ont exprimé un choix politique , il est bien question de personnes qui ont pris des armes et sequestrés des popûlations contre l'Etat.
C'est parce que , comme MIB , je pense qu'il faut viser l'efficacité que je preconiserai que l'assemblée , les institutions de l'Union et les organisations de patriotes devraint se mettre d'accord pour elaborer une loi sur les crimes politiques contre l'Etat. beaucoup de responsables comoriens se plaisent à trahir l'etat.
Ecrit par : Marine | 29.10.2007
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