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20.08.2007
Les Jeux des Iles de l'Océan Indien
Les jeux des Iles de l'Océan Indien (JIOI) ont pris fin hier. Cette année, ils se déroulaient à Madagascar.
Les sportifs comoriens ont recueilli plus de médailles que jamais (21 au total dont une d'or, c'est le double des médailles gagnées en 2003).
Même pour ces Jeux, le gouvernement comorien a montré, encore une fois, l'incohérence qui règne au sommet de l'Etat. Le président Sambi a été parmi les premiers à critiquer la décision du colonel Azali de permettre à l'île de Mayotte de participer, à part entière, à ces Jeux. C'était fin 2005, à quelques mois des élections présidentielles. A quelques jours de l'ouverture des Jeux le gouvernement comorien a annoncé que les Comores allaient boycotter les Jeux et n'y particieperaient pas. Quelques semaines après, c'est par la bouche du porte-parole du gouvernement, Abdourahim Saïd Bacar, que nous apprenions que finalement les sportifs comoriens se rendraient bien aux Jeux des Iles. Mais quelques semaines plus tard, en visite à Paris, le Ministre des Relations extérieures, Ahmed ben Saïd Jaffar, confiait à des membres de la diaspora réunis à l'Ambassade des Comores que la participation comorienne ne serait que symbolique à Madagascar, que les sportifs comoriens ne feraient qu'acte de présence. Et voilà que le jour de l'ouverture, c'est le président Sambi lui-même qui a conduit la délégation comorienne à Madagascar et au vu des luttes et des résultats obtenus, les sportifs comoriens n'ont pas fait que participer !
Je fais partie de ceux qui disent que maintenant il est trop tard ! On ne peut plus refuser à nos frère maorais la participation à ces Jeux. Le colonel Azali a fait des mauvais coups aux Comoriens, il faut maintenant les assumer. Depuis toujours, Maurice, Seychelles et Madagascar nous ont soutenu sur la question de la participation de Mayotte aux Jeux au sein de l'équipe comorienne ou au sein de l'équipe réunionnaise (qui n'en veut pas). Mais, c'est le gouvernement comorien lui-même qui a demandé à ses partenaires de revenir sur leurs décisions et d'accepter que Mayotte (sans hymne et sans drapeau) participe seule à ces Jeux. On ne pouvait plus enlever cet espoir à nos frères, sauf à vouloir approfondir les ressentiments. Rejetés par les Réunionnais qui n'en voulaient plus dans une équipe de "France de l'Océan Indien", il était difficile d'accepter que ce soit les Comoriens qui rejetent des sportifs maorais qui se préparent depuis plus d'un an. Cela aurait été une humiliation pour eux, après les paroles blessantes qu'ils ont subi de la part de la délégation réunionnaise en 2003. Reste maintenant à faire en sorte que le gouvernement actuel n'accepte pour les prochains Jeux une participation de Mayotte avec le drapeau et l'hymne français. Ce n'est pas encore gagner vues les tergiversations de ces derniers jours.
Pendant ces Jeux rien ne m'a plus frappé que l'attitude et le sentiment de supériorité dont ont fait preuve certains journalistes et dirigeans réunionnais. C'est peut-être la délégation qui a eu le plus d'argent, le plus de moyens, le plus de facilités d'entrainement, cela devrait la rendre plus humble ou au moins plus sportive. Pourtant, même certains membres de cette délégation ont oublié ce qu'était l'esprit sportif.
A l'issu du match de volley-ball, la Réunion a battu les Comores trois sets à zéro. Un certain Lukas Garcia écrit alors dans le Journal de L'Ile (JIR) du 11 août 2007 : "Pas facile de jouer au volley ball contre un adversaire franchement inférieur. Les Réunionnais en ont fait la demonstration face aux Comoriens pour leur premier match de la compétition". Pourtant, les Comoriens dont le volley n'est pas encore un sport de prédilection se sont défendus, mais cela ne provoque que plus de condescendance de la part de ce pseudo journaliste qui poursuit dans le mépris de l'adversaire : "l'ampleur du score est peut-être moins large que prévu...".
Jamais il ne daigne donner la parole à un joueur, un dirigeant ou même un supporter comorien pour exprimer son sentiment sur le match. Il en sera ainsi pour pratiquement tous les articles que j'ai lu (de moins en moins je dois le dire). Il n'y avait que les sportifs réunionnais sur le terrain pour ces journalistes.
Heureusement, un joueur de l'équipe réunionnaise (Fabien Vergoz) rappelle ce que doit être le sport et le respect de l'adversaire : "Nous savions que les Comores nous étaient inférieurs mais nous ne les avons jamais pris de haut".
Le même jour les Comores font match nul au football face à l'équipe réunionnaise (qu'aucune équipe n'a réussi à battre pendant les Jeux). Cette fois, c'est un certain Mickaël Payet qui s'écrie dans le même numéro du JIR : Forts d'une préparation digne d'une équipe nationale, ils n'avaient pas le droit de se louper. Surtout face aux Comores". Il reprend la même idée plus loin : "Certes, ils se sont donnés sans compter (...) mais difficile de se cacher derrière cela, surtout lorsque l'adversaire n'est autre que les Comores".
Dans les mêmes colonnes, le Président du Comité Olympique réunionnais (?), Yves Ethève en rajoute : "On s'est donné les moyens pour bien entrer dans la compétition. Au bout du compte, on est tenu en échec par une équipe qui ne s'est pas préparée et qui n'a aucun jeu".
Mais pour qui se prennent-ils ? Si les Comoriens pouvaient bénéficier de la moitié des subventions qu'ils reçoivent du contribuable français, il est certain qu'ils auraient plus de médailles que les Réunionnais.
Alors, on croit que le sarcasme des Réunionnais est uniquement dirigé contre les Comoriens ? Non, pendant tous les Jeux, les journalistes et les dirigeants de cette île se sont donnés à coeur joie contre les arbitres, surtout lorsque leurs joueurs perdaient. Il semble même qu'un dirigeant a envisagé de faire partir la délégation avant la fin des Jeux. Mais pour qui se prennent-ils ? Le centre du monde ?
Pour le JIR, il suffirait de mettre uniquement des arbitres réunionnais (les meilleurs cela va de soi !) et tout irait mieux : " L'arbitrage a été loin de faire l'unanimité [il faut comprendre au sein de la délégation réunionnaise] lors de cette première journée de compétition où l'organisation aurait été bien inspirée de faire confiance aux sifflets réunionnais". Pour ce journal, les arbitres malgaches et mauriciens ont désavantagé respectivement la Réunion et Mayotte (en laissant supposer une solidarité entre les deux îles). A pleurer de rire !
Le JIR se pose des questions sur les compétences des arbitres des autres délégations, on peut nous aussi nous demander si un journal comme celui-là est obligé d'envoyer dans une rencontre aussi importante pour les pays de la région des journalistes aussi ignorants de ce qu'est l'esprit sportif, le respect de l'adversaire quel qu'il soit et dont les propos frisent parfois le racismeracisme dont les Comoriens (particulièrement les Maorais qui se veulent Français) subissent tous les jours à la Réunion ?
Dans tous les cas, en voyant la fierté de ces athlètes comoriens qui soulèvent le drapeau des Comores, je me dis qu'au final le pays a bien fait de participer à ces Jeux et que le sport ne peut que contribuer à développer la conscience nationale.
13:50 Publié dans Extra_ordinaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : JIOI, Jeux, sport, océan indien, Journal de l'Ile, JIR
Commentaires
Je suis tombé sur cet article et les paroles des réunionnais sont très blessants...
J'aimerais qu'on arrête de salir les couleurs comoriennes, j'ai monté un projet pour aller défendre nos couleurs et j'ai besoin de l'aide tous les comoriens...
ALlez visiter le blog que j'ai créé pour ce projet et aidez-nous
www.comoresvb.fr
Ecrit par : chaf007 | 18.03.2008

