08.08.2007
Un nouveau livre pour Sast
L'écrivain comorien Ahmed Sast vient de sortir un nouveau livre : Les Berceuses assassines (KomEdit, 2007). Il avait sorti, chez le même éditeur, un bon roman intitulé Le Crépuscule des Baobabs (KomEdit, 2001). Un roman qui avait passionné les midinettes fascinées par la belle histoire d'amour sans y voir déjà la critique qui pointait à chaque page. Enfin, peut-être aussi que je m'imaginais, pourtant... le silence qui pèse dans tout le roman en dit long sur certaines moeurs. Mais ce n'est que littérature et chaque lecteur y voit ce qu'il veut voir.
Cette fois, Sast nous offre un recueil de nouvelles dont le thème central est la violence sociale, thème qui est très lié aux changements rapides des moeurs dans ce pays musulman que forme l'archipel des Comores.
Six ans plus tard, Sast a muri. Il a quitté la France où il était venu faire des études, est retourné pendant quelques années dans son pays. Chargé de la communication au Ministère des Affaires étrangères puis Directeur de la culture de l'Ile de Ngazidja, il a pu observer à quel point les mentalités et les comportements avaient changé.
C'est donc un recueil à lire avant de partir en vacances aux Comores. Vous ne verrez plus de la même façon les jeunes (et moins jeunes) cadres qui devisent à longueur de la nuit place Badja, ni les vieux notables qui prennent l'air adossés au mur de la mosquée du village un peu avant le maghreb. Et peut-être que lorsque vous croiserez un ami dans la nuit des grandes villes et que vous verrez dans sa voiture un ado qui devrait être couché depuis longtemps, vous éviterez de fermer les yeux, en faisant semblant de ne pas connaître son sort.
Le message de Sast est clair. Il faut effacer de nos têtes les cartes postales ou les images de notre enfance. Tout est corrompu par l'argent et le sexe, nouveaux sultans de nos comportements. Des cadres rois des combines, des enfants violés, des jeunes filles à peine sorties de l'adolescence et qui sont devenues les objets sexuels des fonctionnaires, des femmes qui font le tour des administrations pour chercher des clients, des mères qui initient leurs filles à l'art de vider les poches des hommes et un pays dont les valeurs fondamentales s'écroulent voilà ce que nous présente ce jeune écrivain. Voilà aussi ce qui est peut-être la cause véritable des malheurs de ce beau pays.
Ahmed Sast, Les Berceuses assassines, KomEdit, 2007, 144p., 12 euros
01:25 Publié dans Extraas | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sast, roman, pédophilie, KomEdit, Comores


Commentaires
comment fais tu pour écrire de si longs articles chaque jour!?!
Ecrit par : les hommes objets | 08.08.2007
Moi, aussi, je me pose la même question
En tout cas cher ami MIB, tu continueras à m'épater.
Bon courage.
Halidi
Ecrit par : HALIDI-BLOG-COMORES | 09.08.2007
Sast est un éminent écrivain qui envoute les gens à le lire. Sa façon d'éxprimer les choses dans ces écrits donne toujours envie de le lire. C'est formidable. J'ai hâte de lire ce livre qui, j'espère, se rend compte de la réalité des faits.
En tout cas, ce qui est vrai tout à changer dans ce beau pays et il suffit d'être aveugle pour dire le contraire.
Merci!! Sast pour cette présentation.
Ecrit par : Tintin | 14.12.2007
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