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28.06.2007

Un protestant qui n'a pas la langue dans sa poche

Le pasteur Jean Arnold de Clermont quittera bientôt la présidence de la Fédération protestante de France. Je ne suis pas devenu spécialiste du monde protestant. J'ai lu cela cet après-midi dans Le Monde (internet). Le journal ajoute qu'il va rencontrer le Président Sarkozy (notez les efforts que je fais) demain pour lui parler entre autres de la construction des édifices religieux.

Un paragraphe de cet article m'a particulièrement interpellé. Le voici.

Evoquant les décisions judiciaires récentes, qui ont remis en cause la construction de mosquées à Montreuil et à Marseille, au motif que les baux emphytéotiques concédés par la mairie aux associations musulmanes constituaient une subvention déguisée, M. de Clermont appelle à la plus grande fermeté. "Ces décisions, que je ne comprends pas, contraignent le gouvernement à agir. Si elles ont été prises uniquement parce qu'il s'agit de musulmans, alors même que les financements qui leur sont accordés, baux emphytéotiques, garanties bancaires, sont du même ordre que ceux qui sont autorisés pour les catholiques depuis les années 1920, alors on est face à de la discrimination."

Ainsi, les musulmans de France ne sont pas les seuls à remarquer que des entraves, notamment administratives, sont régulièrement mises pour les empêcher d'exercer leur religion comme tous les autres croyants en France en construisant des mosquées mais aussi en ouvrant des écoles ?

Comme on aimerait bien entendre parfois ces belles âmes des médias français sur les injustices touchant les musulmans dans un pays qui se prétend très tolérant et qui donne des leçons à d'autres pays dans le monde. Il est bien que ce soit un dirigeant d'une autre religion en France qui en parle. Sinon, on dirait qu'on est paranos.

25.06.2007

France Info

medium_logo_80_b.gifJ'adore France-Info. J'ai l'impression que j'ai toujours écouté cette radio. Elle vient d'avoir 20 ans. Passionné d'infos, de politique et d'économie, j'y trouve largement mon compte. Je me réveille avec France Info, et avant d'aller à la douche, j'écoute au moins les titres. Dès que je rentre dans ma voiture, le matin, je sais que j'ai une demi-heure avec l'information. Le soir en revenant, j'ai encore une demi-heure pour prendre des nouvelles de ce qui s'est passé pendant que je travaillais. C'est le début du repos avec des rubriques passionnantes.

Parmi les journalistes spécialisés dans l'actualité, il y en a une que j'adore particulièrement : Julie Bloch-Lainé (le haut-fonctionnaire doit être son grand-père). Elle est jeune, appliquée comme une novice et surtout, je crois avoir été pendant un certain temps sur le même banc qu'elle dans un cours sur l'Europe à la Sorbonne. La première fois j'ai été surpris. Je me rappelle de ses débuts : je sentais sa peur et j'avais peur avec elle. Maintenant, elle est parfaitement à l'aise, bien qu'on ne l'entende plus beaucoup. Est-elle en train de passer ailleurs ?

J'aime tout à France-Info, sauf peut-être la météo, qui reste pour moi quelque chose de visuelle.

La littérature, les mots ? Il n'y a que cela. Tiens, depuis quelques mois le reporter Patrick Fandio tiens sur France Info une rubrique intitulée "En français dans le texte". Il explique un mot, sa naissance, les contextes, etc. ou demande à une célébrité son mot préféré. Ce n'est pas évident comme émission. D'autres en font ou en ont déjà fait, notamment sur RFI (eh oui, je fais quelque fois des infidélités à ma radio préférée). Mais l'émission de Fandio est une réussite, un régal. J'y apprends énormément de choses.

Les émissions sur la littérature ou les mots sont légion à France-Info. Récemment, j'ai fait un décompte... j'ai été agréablement surpris. Il y a par exemple "La vie des mots" de... je ne sais plus qui. C'est un peu comme Fandio, mais c'est différent. C'est plus d'actualité. Il y aussi "Le livre du jour", Philippe Vallet. Le même fait aussi "Les livres du monde" le week-end, et c'est dommage car je n'ai pas beaucoup d'occasions de l'écouter. Mes préférés parmi les rubriques culturelles restent et depuis très longtemps les deux émissions d'Emmanuel Davidenkoff. Il faut entendre ce nom et puis laisser sa voix vous transporter. Soit il présente un livre sur les enfants ou pour les enfants ("Les enfants du livre"), soit il laisse un auteur parler de son livre ou parfois d'une tendance dans l'éducation ("L'info éducation"). Passionnant. Je ne crois pas avoir acheté un seul livre après l'avoir entendu, mais qu'est-ce qu'il a souvent titillé mon cerveau d'éducateur ! Emmanuel Davidenkoff.

Mais, pour moi, la meilleure chose que la direction de cette radio ait faite c'est d'avoir enlever Gérard Roux de l'info pour le mettre à la musique (lol). Il y en a des rubriques musicales dans cette radio ! "Musique de films" ou les "Tendances". Mais Gérald Roux, c'est un peu comme Emmanuel Davidenkoff. C'est une voix. Et je ne vous apprendrai rien en vous disant que la voix est le visage de la radio. Gérald Roux a une voix, et il l'utilise comme un charmeur en face d'une femme. Je suis persuadé que les musiciens qu'il interviewe tombent tous sous le charme. Il a deux rubriques "Tendances rock" et "Info Musique". Le novice pourrait facilement croire qu'il fait toutes les rubriques musicales de cette radio car aucun genre musical n'est oublié dans "Info Musique" : du flon flon à la française comme dirait l'autre au raï, il aborde tous les sons, rencontre tous les musiciens qui font l'actualité. Et avec une humilité incroyable. Ce n'est pas le genre de gars qui va vous débiter tout ce qu'il sait sur un tel ou un tel, sur tels aspects de tels genres, non, il vous laisse découvrir puis avec deux ou trois questions simples amène un musicien à vous ouvrir son coeur. Et vous comprenez tout.

En ce qui concerne la politique, je crois que c'est un des médias qui reste très correct sur le point de vue de l'équité entre les candidats aux diverses élections. Au moment des présidentielles, chacun y a été reçu avec la même chaleur. Même ceux qu'on a appelé les "petits candidats". Qui étaient reçus à la télé comme si on leur faisait l'aûmone.

Depuis ces élections, une nouvelle rubrique est apparue (pourvu qu'elle dure). Elle voit s'affronter deux journalistes, l'un de Libération (il défend la gauche et particulièrement le PS) et l'autre du Figaro (il défend la droite et particulièrement l'UMP). Même dans leurs attitudes, ils correspondent exactement à ce qu'on peut attendre des personnages qu'ils jouent : Joffrin est un passionné qui gueule comme un prolo, Beytout est calme et posé comme un bourge. C'est de la caricature, je sais. Je les aime tous les deux. C'est super ! Les gars sont comme deux potes, assis dans un café. Ils ne sont pas du même bord politique, chacun sait qu'il ne réussira jamais à convertir l'autre et ils se lancent des arguments (parfois tordus, mais c'est la passion du débat qui veut ça) jusqu'à ce que l'heure arrive. On devine alors qu'ils boivent leurs verres et s'embrassent en se disant "à la revoyure !". C'est saint et très enrichissant. Quelle bonne idée. Il faut que ça dure.

Je pourrais vous en parler pendant des heures de France-Info. J'ai failli oublier les rubriques "sciences" et ça me rappelle que je n'ai pas entendu depuis un moment le sens de l'info avec avec Michel Polaco et Michel Serres. J'aurais pu aussi vous parler histoire avec Yves Coppens. Et là je n'aurais eu aucun mal à vous convaicnre que France-Info est une encyclopédie vivante et constamment actualisée.

France-Info, c'est un peu comme avec ma bibliothèque. J'ai parfois l'impression d'avoir un tas d'amis avec lesquels je me retrouve parfois et qui me surprennent à chaque fois et qui m'apprennent beaucoup de choses, de par leurs différences d'abord : Marie-Odile Monchicourt, Laurence Jousserandot, Jean-Pierre Laborde ("A la Une de la presse", très utile le matin, surtout qu'on n'a plus le temps de lire le papier), Ilana Moryoussef (la voisine de la Réunion), Olivier de Lagarde, François de Witt (si vous avez des problèmes d'argent, il peut peut-être vous aider), Henri Lauret, Sylvie Johnsson, Bernard Thomasson, Emmanuel Langlois, Frédéric Gersal (pour apprendre à cultiver votre jardin), Thierry Beaumont... Comment ne pas en oublier ?

C'est un plaisir de voir que "public" ne rime pas toujours avec "copie mal réussie du privé".