22.09.2006

Le Président Sambi

Le Président comorien, Ahmed Abdallah Sambi a prononcé son premier discours devant l'Assemblée Générale de l'ONU le 21 septembre 2006, quelques jours après avoir été longuement applaudi dans un meeting devant les ressortissants comoriens de tous âges et de toutes les îles, à Paris.

On aurait pu penser que par sa présence à New York et le fait qu'il prononce lui-même le discours (au lieu de laisser son Ministre des Affaires étrangères le faire), il allait annoncer une grande nouvelle notamment sur le front de la lutte pour l'intégration de l'île comorienne de Mayotte.

Rien. Le mot suffit à résumer ce discours long, lu en arabe, une des trois langues officiellles des Comores. Vide. Du blabla comme savaient le faire les ministres du colonel Azali, son prédécesseur. A certains moments, les nombreux remerciements donnaient l'impression qu'on avait affaire à un thésard devant son jury. Il repassera sans doute l'année prochaine, parce que sincèrement il y a des soupçons de "pompage". C'est même très flagrant.

Ce discours démontre, en tout cas en ce qui concerne les affaires étrangères, que ce sont toujours les mêmes fonctionnaires, les mêmes diplomates qui ont fait inviter Azali par la secte Moon, qui ont manigancé dans l'affaire de la vente du 269 et qui ont signé l'accord secret assurant à la France que les Comores ne parleront plus de cette question à l'ONU jusqu'en 2007 qui sont toujours au pouvoir. Ce sont ces mêmes fonctionnaires qui sont régulièrement pris de tremblote dès qu'ils entendent le nom de l'Ambassadeur de France, et qui prient Sambi de ne pas s'attirer la foudre de la France en négociant des accords avec d'autres pays, et particulièrement l'Iran.

Quelques fois, même les démocrates aimeraient que dans certaines administrations la chasse aux sorcières soit appliquée. Surtout dans celles où la bêtise concurrence l'incopétence parce que les gens ont été embauchés "à titre politique" et qu'ils prennent la diplomatie pour un honneur comparable à celui qu'on acquiert après avoir effectué le grand-mariage ou le pélèrinage à la Mecque. 

06.09.2006

Réponse d'un clown de banlieue

Stomy Bugsy n'est plus un banlieusard depuis longtemps, mais il n'oublie pas d'où il vient. Sa réponse aux paroles et à l'attitude de celui qu'il considère comme son "petit frère" ne s'est pas fait attendre. A lire dans Libération du 5.9.06.

Extrait :

"Là Bruno (Beausir, le véritable nom de Doc Gynéco, ndlr), il descend très bas. Il aurait pu soutenir qui il voulait mais pas Sarkozy. C’est lui qui en France fait la misère aux immigrés, sépare des familles, pourchasse des écoliers… Bruno, il devrait être avec nous à Cachan au lieu de soutenir Sarkozy. Je sais qu’il a le goût de la provoc’ mais là… je ne comprends pas. Il doit y avoir des trucs financiers là-dessous, c’est pire que tout : il a vendu son âme au diable. »

05.09.2006

Mort aux vaches !

La rentrée politique en France a été particulière en 2006. Chacun des probables candidats à la candidatures aux élections présidentielles de 2007 a fait son show pour montrer qu'il est le plus légitime dans son camp et que de toute façon il gagnera les élections.

Certains se gaussent déjà du faux départ de Bové, de la menace de l'animateur télé et conseiller de Chirac, de la peur du ridicule qui a envahi les Verts après la désignation de leur candidat (qui est-ce déjà ?), des hésitations de Buffet, de la disparition du beau facteur de la LCR, des gesticulations presque infantiles de Bayrou, des larmes d'un Jospin revenant d'Outre-tombe, des batailles presque habituelles maintenant dans les grandes rencontres entre les éléphants et les militants les plus riches du PS, de la tranquilité de Juppé revenant du purgatoire et exigeant enfin qu'on lui cède ses bonbons, de la photo de Gaudin aux côtés de Doc Gyneco, du même Gynéco bras dessus bras dessous avec Sarko, de la conservatrice Royal qui veut un débat sans débat et qui finit par appeler au secours deux grands gaillards du PS pour la protéger des méchants, des opportunistes qui ont déjà senti la direction du vent et qui réclament maintenant une femme à la présidence de la République et qui trouvent que Royale est la candidate de la "rupture", du Ministre de l'Intérieur qui dans l'affaire des squateurs de Cachan dit au Maire de la même ville de se débrouiller tout seul parce qu'il n'a pas voulu suivre ses instructions, de la Ministre des Armées qui sent le vent arriver et qui ne veut pas qu'on l'oublie, de Villepin qui sort du gouffre et qui recommence ses grandes envolées lyriques au 20h de TF1, de Jack qui se moque de Sarkozy qui fait appel à des artistes pour soutenir l'UMP... mais que serait une rentrée sans ce cirque médiatico-politique ? Ennui et monotonie. Alors réjouissons-nous car il y a des pays où rien ne se passe en politique. Croyez-moi on vit dans le meilleur des mondes politiques possible.

Pour moi, cette rentrée a été marquée par l'utilisation des artistes comme hommes-sandwichs par Sarkozy. Ils n'avaient rien à dire, rien à défendre mais ils étaient là avec Sarkozy pour la "rupture". Le plus remarqué a été Johnny Halliday. Son apparition à l'université d'été de l'UMP a été annoncée depuis longtemps et les photographes avaient prévu des pellicules en rab. Ils ne furent pas déçus car l'idole des jeunes (qui ne sont plus aussi jeunes d'ailleurs) était bien présent mais sans sa femme, son premier et son dernier fils, tous encartés dans le parti gaulliste, je veux dire chiraquien, non sarkozyste, non gynécoliste... et puis j'en sais rien.

Bizzarement, l'engagement de Doc Gynéco a été moins médiatisé. Doc Gyneco ? Vous l'avez peut-être déjà oublié mais c'est celui qui chantait :

"Je veux changer d'air, changer d'atmosphère,
Je vais me foutre en l'air comme Patrick Devers.
Me droguer aux aspirines, façon Marilyn,
Hooo..... faut que je me supprime.

REFRAIN:
Comme Beregovoy, aussi vite que Senna,
Je veux atteindre le nirvana.
Comme Beregovoy, clic clic boum!
Aussi vite que Senna,
Je veux atteindre le nirvana."

On le connaissait provocateur, on le retrouve ultra-conservateur. Mais c'est peut-être le summum de la provoc. C'est vrai, ce n'est qu'un petit rappeur de banlieue, mais tout de même : respect car il doit encore avoir deux ou trois amis à Clichy sous Bois. Accueilli et hypnotisé par le verbe (j'ai failli écrire l'herbe) de provence de Jean-Claude Gaudin (à prononcer avec l'accent de la canebière), le minot ne savait plus où il était. Complètement perdu au milieu des supporters de l'UMP. Pardonnez donc ces paroles qui n'ont pas été vraiment pensées : Sarkozy est " quelqu'un qui m'aide à penser, un petit maître à penser". Imaginez une seconde s'il avait dit : "Sarkozy est mon maître à penser". Il y aurait eu des scandales dans les chaumières. Mais, il a juste dit : "un petit maître à penser", et cela a tout simplement fait rire. Quand on a vu Sarkozy venir lui tapoter tendrement les joues, d'autres paroles du rappeur nous revenaient en tête :

"1 2 3 tu m'emmènes avec toi,
4 5 6 cueillir du vice,
7 8 9 dans ton cabriolet neuf".

On avait tout compris. Ainsi finissent les faux rebelles. Dans quelque temps il dira : Sarkozy, l'UMP ? C'était une erreur de jeunesse.

En attendant, il continuait dans une sorte de delirium tremens  : "Les banlieusards, c'est des clowns. Ils sont choqués d'avoir entendu racaille et karcher quand tous les jours entre eux ils s'insultent". Un petit maître à penser ? Mais qu'est-ce que Sarkozy (ou Johnny ?) a pu lui dire Place Beauveau pour lui "retourner le cerveau " ?

Les banlieusards te saluent bien bas. Pourvu que Sarkozy te hisse là où tu veux parvenir. Et si tu passes par Cachan viens voir nos pères et mères, les conditions dans lesquelles tes nouveaux amis les font vivre avant de les expulser comme indésirables. S'il te plaît, tu auras la gentillesse de ne pas amener ton "petit maître à penser". Tu vois ce que je veux dire ?

Fait nouveau dans cette pré-campagne, invité au 20h de TF1, le président de l'UDF s'en prend aux monopoles et aux accointances entre ces monopoles de la com et les hommes politiques. En fait, il ne visait pas tous ses collègues mais uniquement son allié d'hier : Sarkozy qui marche aussi bras dessus bras dessous avec Bouygues fils. Et il est venu à TF1 pour le dire. Bravo ! Pas de ça chez nous ! On laisse cela aux Italiens. A se demander comment le Président du CSA, membre influent de l'UDF est parvenu à ce poste ! 

Reviens Jospin reviens ! Car la France elle a besoin de toi... Voilà que ma culture de Guignol (ou clown) banlieusard ressort ! On y peut rien ! Mais sérieux, Jospin reviens ! Je sais, on a été infidèles. Mais, une seule fois, ça peut arriver à n'importe quel ange. Cette  fois, promis je ne voterai pas RG ou LCR ou LO au premier tour. Tout pour toi. Mais je te préviens, si tu nous laisses tomber, entre la Royale et le petit Maître à penser de Gyneco, je n'hésiterais pas une seule seconde, je voterai pour le citoyen Dieudo, alias Mbala Mbala... puis au deuxième tour j'irai à la pêche pour oublier la défaite, comme la dernière fois. Et je le déclare solennelement : Mort aux vaches ! (Mêmes celles qui consomment l'herbe du 16e arrondissement).

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