23.06.2006
Santy
Sur le chemin du retour, au mois de mai, il arrive que ma Santy se laisse aller
Mes yeux se ferment par instants et je me retourne parfois pour retrouver ce que j'ai perdu
A gauche de jeunes pousses, plus loin un champ dont les sillons se perdent dans le ciel
A droite il semble que le soleil s'est abattu sur une plaine de l'or a recouvert le blé en herbe
Santy ne va pas si vite
Plus loin encore les arbres dessinent notre route et nous protègent du vent
Parfois, ils laissent leurs branches trainer jusqu'au sol pour mieux caresser les flancs de ma Santy mais elle est farouche et ils l'ont à peine effleurée qu'elle est déjà loin
Je la connais dès que les feuilles cachent le bleu du ciel elle prend peur et repart plus pressée
Elle semble alors glisser sur le fleuve sombre d'une jungle d'Amérique du Sud et je me prends à lui chuchoter des prières
Santy Santy calme-toi le ciel arrive et bientôt nous plongerons tous deux dans les douceurs de la nuit.
Mais elle continue de glisser elle glisse si vite qu'elle est en l'air ma Santy
Santy si ton coeur pouvait arrêter quelques secondes ses battements j'entendrais mieux la colère de mes frères de la lune
Des éclats de fureur des éclats de soleil
Santy Santy voici la nuit venue et rien ne sert d'effrayer les cerfs qui longent nos routes
Et la voix de cette hispanique qui veut adoucir la colère de mes frères de la lune hijos de la luna
Je n'entends plus que mes frères...
A la dérive
Inutile
D'autres reprennent les refrains
Nous y finirons tous notre vie
Inchallah
Dans nos rêves on met des absences
des plages à Moroni
Moroni est un port...
Santy Santy empêche cette mélancolie de remonter à la surface
Voici au loin le clocher et l'appel aux vêpres
Mais mes yeux se ferment déjà
21:00 Publié dans Extraterrestres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, Santy


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