24.09.2010
Les nouveaux philosophes
Je déteste les soi-disant philosophes qui inspirent des niaiseries du genre : "Je n'ai qu'une philosophie, c'est de rester telle que je suis !" ou encore qui affirme avec beaucoup de sûreté : il faut rester "seul au monde". Je sais que je vais me faire des ennemis, y compris parmi mes amis. Alors je me dépêche de dire que Corneille et Amel Bent sont des gens très sympathiques. De belles voix qui ont renouvellé et donné un autre souffle à la chanson française. Je me pose juste des questions, après avoir longtemps écouté et admiré leurs productions. Est-ce le propre de l'homme est de rester tel qu'il est ? Rester tel qu'on est, dès le départ, n'est-ce pas déjà accepter la médiocrité et s'en faire un lit ?
Le pire c'est que la plupart du temps, ces philosophes du nouveau genre, dans l'ombre, ont lutté et souffert pour être reconnus . Ils savent donc qu'on ne réussit jamais seul et en restant tel que l'on est (tel que l'on naît) face à la vie.
C'est vrai qu'il n'y a pas que les artistes, mais certains renforcent cet état d'esprit individualiste. Il suffit qu'une maman dise à sa petite fille ayant intégré cette nouvelle philosophie : "Enlève le doigt de la bouche" pour que celle-ci réplique : "Je suis comme ça c'est tout. C'est ma nature !" Une femme demande à son mari de descendre son pied de la table basse pour ne pas donner de mauvais exemples aux enfants et le père de famille de répondre : "Tu m'acceptes comme je suis". Entendez par là : " Tu m'as connu comme ça, je ne changerai pas. A prendre ou à laisser."
Et puis quoi encore ! Et avec ce genre de réflexions, certains pensent qu'ils ont découvert le principe philosophique de l'année, une sorte de pierre philosophale qui transformerait la bêtise en maximes pour la vie : le "je-suis-ce-que-je-suis-et-j'en-ai-rien-à-faire". Ooooouuuhh ! Si Socrate était encore parmi nous il tremblerait. Mais certains d'entre nous se dépêcheraient de le cacher dans une cave pour qu'il ne soit pas cette fois accusé de vouloir faire devier la pente douce de la jeunesse, pour qu'on puisse conserver chez l'homme une once de doute, cet irrésistible charme que Dieu lui a donné et qui lui permet parfois de se dépasser en disant : et si je me trompais ? ou encore : qui suis-je en réalité ? l'enveloppe ? le corps ? l'âme ? un ensemble de manières ? un ensemble de principes ? puis-je faire du principe de mon action une maxime universelle comme disait l'autre ?
Voilà une de mes habitudes : m'éloigner du sujet. C'est ma nature, mais je lutte contre cela en permanence ! Donc pour revenir au sujet... qu'est-ce que j'aimerais tenir un de ces philosophes de salon entre les mains... Non, je veux rester un non violent. Mais cela ne m'empêche pas de penser que j'aimerais qu'il soit jugé par un tribunal public et qu'il soit condamné à boire la cigue en direct sur TF1, à 20 heures, pour non assistance à jeunesse en danger.
Vous avez déjà vu un loubard revenir de prison ? Il devient immédiatement le philosophe de la cité. Il faut l'avoir vécu pour le croire. Il devient le modèle pour de nombreux jeunes en perdition. Et il affiche clairement qu'il n'a jamais été très loin à l'école, qu'il a tout appris dans la rue, qu'il a affronté plusieurs fois la police et qu'il est toujours resté lui-même. Et souvent il oublie de préciser que pour rester en vie, en prison, il a dû vendre ses fesses ! Et les jeunes de certaines banlieues arrêtent l'école, restent dans la rue, aiment affronter la police et affirment que c'est dans leur nature ! J'en ai même entendu me dire : "Msieur, tout façon, on est noirs, on peut rien faire c'est comme ça" ! Et il paraît qu'il faut être tolérant ! "Je n'aime pas les Noirs, c'est pas ma faute ! chacun ses opinions, je vais pas changer pour vous faire plaisir. C'est comme ça !"
Les starlettes sorties des galères de banlieues ou des pays pauvres proposent un nouveau romantisme consistant à suivre son chemin sans se soucier des autres, les petits loubards qui n'ont pu s'extraire de la misère y restent avec complaisance en en faisant leur marque commercial. Misères des temps modernes !
Enfin, tout cela c'est trop de prises de têtes ! Que chacun fasse ce qu'il veut et que le monde continue à tourner comme il tourne, que chacun ignore l'autre, que chacun tolère l'autre et que chacun reste dans sa petite maison de certitudes. Il n'y a rien de plus réconfortant que lorsqu'on est dans son lit sous la couette, même à deux, même sous les tropiques. Seul(s) au monde. Le plus terrible c'est quand on veut en sortir et qu'on s'aperçoit que les autres sont toujours là. Comment poursuivre la montée ou la remontée de la pente quand on se suffit à soi-même et qu'on veut rester tel que l'on est ?
C'est difficile, mais pas impossible.
Pour ma part, je préfère la montée en cordée, les banderoles que l'on tend au maximum et qu'on se relaie pour élever haut nos présentes luttes. Ne laisser personne derrière. Je vais donner l'impression de ressortir mes souvenirs de la Première Guerre mondiale. J'ai toujours dit que l'armée ne m'a presque rien appris et que l'obéissance à tout prix ne peut pas être un projet pour la jeunesse. Mais quand l'armée, existait (c'était en 14-18), quand on marchait des kilomètres et des kilomètres dans les Vosges la nuit, il fallait prendre le sac de celui qui s'eétait affalé ou qui s'était foulé la cheville, l'alléger en alourdissant les nôtres. Partis à 40, on devait arriver à 40. Pas le choix. Pas de pourcentage de perte possible. On découvrait alors que notre véritable miroir c'était l'autre : notre compagnon de galère. Encore faut-il accepter qu'il nous transforme et qu'on le transforme. Pas de couettes, pas de chansonnettes pour tenir l'hiver. Tututututu tututuuu
09:29 Publié dans Extraterrestres | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, tolérance, individualisme
27.03.2010
Merci, c'est pour les chiens...
Il y a quelques jours sur le lieu de mon travail et sur les alentours, une nouvelle affiche recouvrait les murs. Elle m'a immédiatement intrigué. Elle annonçait une soirée dans un des lieux branchés de l'île de Mayotte. Une sorte de dîner-dansant caritatif. On paie 30 euros, on se remplit le ventre, puis après on le bouge pour éliminer un peu les graisses consommées un peu plus tôt.
Lorsque j'ai demandé à une collègue de quoi il s'agissait, elle avait l'air au courant de tout. J'ai dû reconnaître, au plus profond de moi-même, que je n'étais vraiment pas au courant des soirées branchées. Bref ! Elle m'expliqua que c'est pour les chiens qui sont mal considérés dans cette île. Les gens leur lancent des pierres et les blessent souvent car ils n'aiment pas les voir.
Lorsque j'ai tenté de lui expliquer que la faute première revenait sans doute à ceux qui les introduisent dans l'île puis les abandonnent quand ils ont fini leurs missions de deux ou quatre ans, elle est devenue silencieuse, puis a repris quelques secondes plus tard. "Voilà ! C'est puste pour aider les chiens. La moitié du billet d'entrée ira à l'association qui aide les chiens."
Dieu est grand ! J'ai repensé aux enfants qui traînent dans mon quartier. A midi, ils balancent des pierres sur le manguier de mon voisin toujours absent pour faire tomber les fruits qui n'ont donc jamais le temps de mûrir. Ils reviennent vers 19 heures, quand la nuit tombe. Et parfois, ils sont tout prêts de faire tomber des cailloux sur ma voiture.
Après la saison des mangues, ils tournent dans le quartier avec la faim qui les taraude jusqu'au soir. Un de ces jours, il faudrait que je proporse une soirée pour les enfants qui ont faim à Mayotte. Il y en a pas que pour les chiens dans cette île quand même !
10:20 Publié dans Extra_ordinaire | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mayotte, comores, chiens, enfants
24.10.2009
Message privé
J'avais oublié de te le dire
En attendant que tu arrives
Je suis allé dans la ville voisine
Il y a une bonne boulangerie
Et une boulangère aimable
J'ai pris un fraisier
Et je suis venu le déguster en pensant à ces moments
Où nous nous enfermions pour manger des fraisiers
Insouciants
Depuis mon ventre est redevenu plat
(Ou presque car je n'aime pas mentir)
Encore encore encore
20:28 Publié dans Extratemporels | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fraisier

